MAROC
26/12/2017 13h:00 CET

Hirak: Un avocat boycotte l'audience du procès pour dénoncer les conditions de détention

Relatives of Morocco's Hirak protest movement are seen during the trial at Casablanca tribunal, Morocco September 12, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal
Youssef Boudlal / Reuters
Relatives of Morocco's Hirak protest movement are seen during the trial at Casablanca tribunal, Morocco September 12, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal

PROCÈS - Un boycott en guise de protestation. L’avocat Abdessadak Elbouchattaoui, membre du comité de défense des détenus du Hirak à Casablanca, ne s’est pas présenté aujourd’hui à l’audience du procès qui se tient à la Cour d’appel de Casablanca, comme à son habitude. Une absence qu’il légitime sur sa page Facebook où il assimile sa décision à un cri contre "les mauvais traitements et les violations des droits des détenus du Hirak au pénitencier de Oukacha".

Dans son post, l’avocat dénonce ainsi les conditions de détentions des détenus précisant qu’ils ont été, dans leur majorité, "mis dans des cellules d’isolement ne disposant d’aucune condition d’hygiène et d’aucun lit". L’avocat précise que les détenus font l’objet "d’une sanction après avoir annoncé leur intention d’observer une grève collective de la faim dès lundi 25 décembre".

Me Elbouchattaoui précise avoir eu connaissance de ce qu’il révèle par ses confrères avocats ayant rendu visite aux détenus. "L’administration des prisons et celle de Oukacha sont responsables des violations des moindres droits des détenus contenus dans les conventions internationales y compris les normes minimes du traitement des détenus". L’avocat annonce qu’il adressera une lettre à ce sujet aux organismes internationaux concernés par la défense des droits de l’Homme.

Un autre avocat des détenus du Hirak, Mohamed Aghnaj, indique sur sa page Facebook que la question du traitement des détenus a été soulevé au cours de l'audience de ce mardi, précisant que le comité de défense a unanimement dénoncé "la situation tragique des détenus".

Me Aghnaj a aussi souligné que "les mauvais traitements à l'encontre des détenus se sont accentués ces derniers jours", précisant qu'un des détenus en porte les séquelles.

Pour sa part, l'avocate Bouchra Rouissi indique sur sa page Facebook qu'elle a rendu visite aux détenus du Hirak à Oukacha en compagnie de Mohamed Aghnaj, hier. Une visite qui leur a permis, indique-t-elle, de constater que la grève de la faim a bien été reprise par les détenus et qu'ils sont bel et bien "à l'isolement".

Deux jours plus tôt, la Délégation générale à l'Administration pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) avait démenti par la voie d’un communiqué que les détenus d’El Hoceïma bénéficient "des mêmes conditions de détention que les autres camarades de cellules".

Réagissant à une information relayée par des médias électroniques sur "une privation des détenus d’El Hoceïma d’eau chaude", la DGAPR avait souligné qu’"aucune distinction n'est faite entre les détenus du Hirak du Rif et les autres prisonniers". Et de préciser qu’ils ont à cet égard droit, comme l'ensemble des détenus, à une douche à l'eau chaude deux fois par semaine. La DGAPR a ajouté que ces détenus bénéficiaient également de la promenade quotidienne, d’une durée de deux heures, répartie en deux périodes, l’une en matinée et l’autre dans l’après-midi.

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