ALGÉRIE
26/12/2017 09h:14 CET | Actualisé 26/12/2017 15h:56 CET

Le portrait de Abane Ramdane par Hocine Ait Ahmed

Photo 12 via Getty Images
Police record file on Abane Ramdane, political leader of the Revolution, 1954-1962, France - Algerian War of Independence. (Photo by: Photo12/UIG via Getty Images)

Dans un entretien réalisé en novembre 2002 par K.Selim, feu Hocine Aït Ahmed brosse le portrait de Abane Ramdane qu'il qualifie au détour d'une réponse de "véritable animal politique" et "organisateur expérimenté."

Le HuffPost Algérie vous suggère la relecture de ce portrait résumé et très disant de ce qu'était l'homme dont on commémore ce 27 décembre le 60ème anniversaire de son assassinat.

"J'ai connu Ramdane au cours de cet été 1945, le plus chaud et le plus surréaliste. Il venait de Châteaudun -Chelghoum Laïd- où il travaillait comme secrétaire dans l'administration. Il était profondément marqué, malgré sa froideur apparente, par les répressions et la chasse à "l'arabe" qu'il avait vécues de très près.

Je préfère vous parler de l'homme avant de vous donner quelques repères sur son itinéraire. Quelques semaines avant de passer l'examen du baccalauréat 2ème partie au lycée de Blida, il avait sollicité de l'administration d'être dispensé des heures de gymnastique pour mieux se préparer aux examens, car, en plus au lieu de choisir entre le bac philo et le bac mathématiques, il tenait à se présenter aux deux examens.

La dispense lui ayant été refusée, il se mit en colère et alla se briser le bras contre un rempart de fer ou de marbre. Ce qui ne l'empêcha pas de bouder les exercices physiques pour mieux se préparer et réussir brillamment le double examen.

abane ramdane

Autre anecdote sans commentaire: arrêté par la PRG, alors qu'il était le responsable de l'OS dans la région de Sétif, il n'avait pas fait le moindre aveu malgré toutes les formes de torture utilisées pour le faire parler.

Combien de fois il fut transféré d'une prison à une autre, à force de faire des grèves de la faim ou d'inciter les droits communs à l'agitation ou à la violence. Pour se débarrasser de Abane, les services pénitenciers d'Algérie durent l'envoyer en relégation dans le nord de la France. Quel tempérament !

Son identité, c'est ce qu'il a fait de lui-même dans les pires épreuves. Ceci dit, qui n'a pas de défaut ? Il était autoritaire et jacobin. Son franc-parler le desservait terriblement. Par contre, il savait aussi écouter et exécuter les décisions prises démocratiquement."

Lire l'intégralité de l'Entretien: Ce que dit Hocine Aït Ahmed du congrès de la Soummam et de Abane Ramdane

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