TUNISIE
25/12/2017 07h:17 CET

La porte-parole de la présidence de la République: La mesure prise par les Emirats arabes unis à l'encontre des tunisiennes est due à une menace terroriste sérieuse

Depuis vendredi, les tunisiennes, quel que soit leur âge, ont été interdites de monter à bord des avions de la compagnie aérienne Emirates, et ce sans aucune explication claire. Un scandale qui fait rage en Tunisie depuis quelques jours.

Qualifiant cette décision de discriminatoire, plusieurs organisations et partis politiques ont dénoncé cette mesure qui “viole la dignité et les droits des femmes” et touche à “la souveraineté de l’État tunisien”.

De leurs côtés, les autorités tunisiennes ont décidé, dimanche soir, de suspendre tous les vols de ladite compagnie.

“Cette décision a été prise notamment en collaboration avec le chef du gouvernement et le ministère du Transport, mais c’est la décision du président de la République puisqu’il est le premier responsable de la diplomatie tunisienne et de la politique étrangère” a précisé la porte-parole de la République, Saïda Garrache dans une interview accordée à Shems Fm.

Garrache a fait savoir que les autorités émiraties avaient des informations faisant état d’un plan terroriste qui devait être exécuté par une femme détenant un passeport tunisien, et ce dans le cadre de retour des jihadistes de Daêch. Elle a indiqué qu’il s’agit d’une mesure de précaution contre une menace terroriste sérieuse.

“Les données qu’elles ont, c’est que dans le cadre du retour des jihadistes et leur sortie de Syrie essentiellement et d’Irak”, il existe “une possibilité d’attentat terroriste dans lequel seraient impliquées des femmes soit de nationalité tunisienne soit porteuses d’un passeport tunisien”, a-t-elle précisé, laissant entendre que ces femmes pouvaient recourir à de fausses identités.

“Alertés par ces menaces, les autorités émiraties n’ont pas tardé à agir” a-t-elle indiqué. Pour Saïda Garrach, si la Tunisie peut “comprendre” les craintes émiraties, elle ne peut “accepter la manière dont les femmes tunisiennes ont été traitées”.

Elle a, par ailleurs, fait savoir qu’il ne s’agit pas d’une crise diplomatique mais d’une réaction pour défendre “la dignité du pays et des femmes tunisiennes”.

Une cellule de crise conjointe a été créée au sein du ministère du Transport composée de représentants du ministère des Affaires Etrangères, du ministère de l’Intérieur, de l’Office de l’Aviation Civile et des aéroports et des représentants de la compagnie aérienne ‘Emirates Airlines’ pour suivre l’affaire, rapporte Shems Fm.

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