MAROC
22/12/2017 12h:54 CET | Actualisé 22/12/2017 12h:56 CET

Yassine Belattar déprogrammé de plusieurs grandes villes après un article de "Marianne"

Facebook/yassine.belattar.officiel

CULTURE - "Faux clown et vrai danger"? C'est le portrait de Yassine Belattar que dresse Marianne le 15 décembre 2017. L'auteure de ce papier à charge décrit, notamment, un humoriste "antisémite", "shooté à un néoracisme qui rêve d'occuper le haut du pavé contestataire" entretenant "le déni de l'islamisme" et le communautarisme.

"Un article mensonger" pour Yassine Belattar, qui a eu pour conséquences l'annulation de son spectacle dans plusieurs grandes villes de France. "Un spectacle est un véhicule culturel et moral, certains propos ont accidenté ce véhicule... Les villes de Marseille, Nancy, Sausheim ou encore Bordeaux ne recevront donc pas mon spectacle 'Ingérable' pour le moment", écrit l'humoriste sur sa page Facebook jeudi 21 décembre, avant de confier qu'il s'agit d'un "des pires moments de sa carrière."

Yassine Belattar soutenu

Depuis l'article de Marianne, plusieurs médias ont clairement pris la défense de l'humoriste, en emboîtant le pas de nombreux internautes. L'auteure du portrait en question, qui explique avoir assisté à une représentation, retranscris les propos qu'aurait tenu Yassine Belattar sur scène: "Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice. J'ai le droit de choisir mes deuils." Une phrase tronquée et dénaturée par l'hebdomadaire selon plusieurs internautes et journalistes ayant également assisté au spectacle.

"Je ne choisis pas mes deuils. Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice, je suis français et tout ça fait que je suis toujours en deuil quand il y a un malheur sur le territoire français", aurait en fait lancé Yassine Belattar. De son côté, Arrêt sur images accuse Marianne de prendre "quelques libertés avec l'exactitude", rappelant que l'humoriste "ne cesse de clamer son amour de la France" et franceinfo cite une interview dans laquelle l'artiste répète les propos entendus par les internautes et les journalistes ayant assisté à son spectacle.

Toujours en réponse aux accusations de Marianne, le site d'informations précise également que dans son spectacle, Yassine Belattar "chambre des femmes voilées, taquine un groupe venu de Molenbeek, interprète son sketch 'Les Terroristes', écrit après le 13-Novembre."

Il "rêve de tolérance religieuse et de bienveillance républicaine. Il se dit avant tout et en dernier ressort français", écrit pour sa part Libération dans une réponse cinglante au portrait de Marianne.

"Belattar tire à la mitraillette sur tout ce qui bouge, et surtout si c'est bronzé (les Algériens, les Marocains, bref les reubeus constituent son premier sujet de poilade). Son public est son souffre-douleur. Il ne rate pas une occasion de vanner les femmes voilées qui viennent l'applaudir", explique encore Libération qui précise que Yassine Belattar faisait partie de la trentaine de personnalités de la société civile qui ont accompagné le quotidien pendant la dernière campagne présidentielle.

Avant cette polémique, l'humoriste s'était notamment payé le programme de François Fillon dans une vidéo parodique très remarquée. Le président de la République François Hollande avait même assisté à l'une de ses représentations au Bataclan.

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