TUNISIE
21/12/2017 07h:55 CET

La députée Leila Chettaoui tacle l'ISIE et affirme que l'élection de Yassine Ayari sera contestée devant la justice

Tunisian blogger Yassine Ayari poses for a picture at home on April 17, 2015 in Tunis. Tunisian authorities have released a blogger handed six months in prison for defaming the army, after he served more than half his sentence, his brother said. AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID via Getty Images
Tunisian blogger Yassine Ayari poses for a picture at home on April 17, 2015 in Tunis. Tunisian authorities have released a blogger handed six months in prison for defaming the army, after he served more than half his sentence, his brother said. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

L'élection surprise du blogueur et activiste Yassine Ayari n'a pas fini de susciter la polémique. Mercredi, la députée du Machrou' Tounes, Leila Chettaoui a annoncé sur les ondes de Jawhara Fm que son parti compte déposer un recours pour contester l'élection de Ayari dans la circonscription d’Allemagne.

"Notre parti conteste cette élection" a-t-elle martelé en ajoutant qu'elle a eu un entretien avec le secrétaire général du parti qui a affirmé qu'il attendait un dossier important relatif à Yassine Ayari avant le dépôt du recours.

Beaucoup de dossiers épineux vont être dévoilés, a souligné la députée. "C’est tout à fait normal, puisque Yassine Ayari est impliqué dans des affaires liées au terrorisme et à la sécurité nationale", a-t-elle précisé.

Selon Chettaoui, le tribunal militaire tranchera sur le cas de Yassine Ayari. Elle estimé que ce dernier a un passé douteux. "Revenant à ses photos et posts datant de 2013, on comprendra mieux sa relation avec le terrorisme et sa glorification de Daech" a-t-elle dit en évoquant "les raisons du départ de Ayari vers la France, après sa condamnation par le tribunal militaire pour avoir diffamé plusieurs hauts cadres de l’armée et publié plusieurs rumeurs infondées".

"Tout le monde a vu ses photos avec le drapeau noir. Nous n’avons rien inventé. Ses agissements tombent sous le coup de la loi anti-terroriste. En tout cas, nous allons faire toute la démarche nécessaire à ce sujet", a-t-elle noté.

Par ailleurs, Chettaoui a fortement critiqué l'instance électorale,l'ISIE. "500 mille dinars ont été déboursés pour enfin élire une personne suspecte comme Yassine Ayari", a-t-elle regretté. Elle a, d'ailleurs, émis des interrogations quant à l'acceptation de sa candidature de la part de l'ISIE malgré les accusations d'atteinte à la sureté nationale qui lui ont été adressées. Elle a appelé à revoir les procédures. "Comment l'ISIE a-t-elle accepté ce genre de candidatures, imaginons qu'un jour Abou Iyadh présente sa candidature?! C'est absurde" a-t-elle conclu.

Selon l'ISIE, aucune décision de justice prive le candidat Yassine Ayari de ses droits politiques et civils

Farouk Bouasker, membre de l'instance électorale chargé des affaires juridiques, a affirmé jeudi à la TAP qu'en se référant au dossier de candidature de Yassine Ayari, aucune décision de justice n'a été rendue à son encontre.

Bouasker a expliqué que les demandes de candidature sont examinées par un logiciel mis au point sur la base des données fournies par les ministères de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice.

L'instance n'a trouvé aucune décision de justice privant le candidat Yassine Ayari de ses droits politiques et civils garantis par la Constitution, a-t-il tenu à préciser.

D'un point de vue juridique une décision par contumace n'empêche aucun tunisien qui répond aux conditions d'électeur de se porter candidat aux élections législatives, a-t-il ajouté, rappelant que les délais de recours contre les résultats préliminaires des partielles sont encore ouverts (trois jours depuis la proclamation des résultats) et prennent fin aujourd'hui jeudi dans l'après midi. Jusqu'à cette heure, l'ISIE n'a reçu aucun recours, a-t-il indiqué.

Yassine Ayari réagit

Face à ces accusations, Yassine Ayari a répondu aux critiques en indiquant dans un post publié sur sa page Facebook que "son succès aux élections n'est pas une coïncidence ou un miracle, mais plutôt le fruit d'une planification minutieuse et un travail acharné.

Concernant sa photo avec le drapeau de Daech, Ayari a souligné qu' ”en tant que bloggeur je n’ai aucun compte à rendre à personne mais je vais essayer de m’adapter à ma nouvelle situation". Il a fait savoir que le port du drapeau noir était en réaction au mouvement des activistes Femen qui ont mis le feu dans ce drapeau, devant la grande mosquée de Paris. Il a noté qu'en 2013, le drapeau n'a aucune relation avec Daech qui n'existait pas à cette époque selon ses dires.

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