MAROC
21/12/2017 14h:32 CET | Actualisé 22/12/2017 03h:14 CET

L'ONU vote contre la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël

Members of the United Nations Security Council vote on an Egyptian-drafted resolution regarding recent decisions concerning the status of Jerusalem, during a meeting on the situation in the Middle East, including Palestine, at U.N. Headquarters in New York City, New York, U.S., December 18, 2017. REUTERS/Brendan McDermid
Brendan McDermid / Reuters
Members of the United Nations Security Council vote on an Egyptian-drafted resolution regarding recent decisions concerning the status of Jerusalem, during a meeting on the situation in the Middle East, including Palestine, at U.N. Headquarters in New York City, New York, U.S., December 18, 2017. REUTERS/Brendan McDermid

INTERNATIONAL - Trump n'a visiblement pas eu le dernier mot. L'assemblée générale de l'ONU a condamné, jeudi, la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, malgré les menaces directes des États-Unis, qui avaient bloqué ce même texte lundi au Conseil de sécurité.

Reprenant le même langage de la résolution à laquelle Washington avait opposé son véto lundi au Conseil, la résolution de l'assemblée générale considère que toute décision qui vise à altérer la nature, le statut et la composition démographique de Jérusalem “n’a aucun effet juridique, et est nulle et non avenue”.

Cette résolution avait été proposée par le Yémen en tant que président du Groupe arabe au sein de l'ONU et la Turquie en sa qualité de président du Sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à l'ONU.

S'en est suivi le parrainage d'une trentaine de pays, dont le Maroc, pour enfin avoir un total de 128 voix pour et 9 contre, avec l’abstention de 35 pays.

La résolution appelle aussi à “inverser les tendances négatives qui compromettent la solution à deux Etats et l’intensification et l’accélération du soutien et des efforts internationaux et régionaux visant à parvenir, sans tarder, à une paix globale, juste et durable dans le Moyen-Orient”.

Le texte de l'ONU vient en réponse à la décision du président Donald Trump annoncée le 6 décembre, qui avait aussi promis de déménager l’ambassade américaine de Jérusalem. Cette décision “doit être annulée conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité”, a souligné le texte voté jeudi, appelant les pays à s’abstenir d’établir des missions diplomatiques à Jérusalem.

Trump avait également menacé de couper les aides humanitaires des États-Unis aux pays qui voteraient pour le texte.

Il avait dénoncé, lors d’une réunion à la Maison Blanche, ces pays qui “prennent (des Etats-Unis) des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous”. “Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup”, a-t-il dit en insinuation à l’arrêt ou la réduction des aides qui leur sont destinées.

Cette menace fait suite à une autre par l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, qui a indiqué, mardi dans un tweet, qu’à l’ONU, “on nous demande toujours de faire plus et de donner plus”, ajoutant qu’elle notera les noms des pays qui voteront contre son pays.

“Jeudi, il y aura un vote critiquant notre choix. Les Etats-Unis noteront les noms”, avait-elle renchéri. Une lettre reprenant ces propos menaçants a également été adressée aux Etats membres de l’ONU, leur déclarant qu’elle signalera au président Trump les pays qui auront voté pour la résolution.

Tout en s’abstenant de commenter les propos de Mme Haley, le porte-parole du président de l’Assemblée générale, a fait remarquer qu’alors que les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes, “elles ont le mérite d’exprimer la volonté des Etats membres”.

La session de vote s’est déroulée en présence notamment du ministre des Affaires étrangères de Palestine, Riyad al-Malki, qui a dénoncé les menaces et les intimidations américaines, soulignant que la décision du président Trump “n’affecte en rien la statut et la position d’Al Qods, mais elle se répercute plutôt sur la position des Etats-Unis en tant médiateurs paix”.

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