MAROC
21/12/2017 11h:09 CET

HCP: Le Maroc doit soutenir la création d'emplois pour accélérer sa croissance économique (Étude)

Pamela Moore

ÉTUDE - Un emploi perdu qui n’est pas remplacé, une croissance tributaire d’un investissement timide, une mobilité de la main d’œuvre intersectorielle faible. Les difficultés dont souffre la croissance économique au Maroc ont été révélées, hier à Rabat, par le Haut-commissariat au plan à l’occasion de la présentation de deux études sur les sources de la création de la richesse au Maroc et sa répartition.

Dans celles-ci, le HCP précise que le PIB par habitant a connu un ralentissement de sa croissance entre les périodes 2001-2008 et 2008-2015, passant respectivement de 3,6% par an à 2,7%. À l’origine, la régression du taux d’emploi induisant une contribution négative de 35,3% à la croissance du PIB par habitant, au lieu d’une contribution positive de 5,4% durant la première période, constate l’étude. Mais l’effet de la baisse du taux d’emploi est toutefois compensée par l’amélioration de la productivité du travail.

Ces études du HCP montrent aussi qu’il n’y a pas une adéquation entre la croissance démographique et celle économique. Les structures économiques n’ont pas permis de valoriser le potentiel offert par l’effet démographique, indique le HCP. Aussi, les créations d’emploi au niveau de l’économie qui étaient en moyenne annuelle de 186.000 postes entre 2001-2008 ont baissé à seulement 70.000 postes entre 2008-2015.

"Le Maroc doit tirer profit de sa démographie et des potentialités humaines pour créer des opportunités d’emplois et améliorer le niveau de vie de sa population", estime le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami. Pour ce dernier, il faut investir dans des branches modernes des services (banques et assurances) qui permettent d’accroitre la productivité de six fois plus que la moyenne nationale et représentent 11% de l’emploi.

Selon le HCP, la baisse du taux d’emploi n’a pas concerné tous les secteurs d’activité économique. Dans l’agriculture, forêt et pêche, ce taux a enregistré une baisse allant de 20,1% en 2001 à 16,7% en 2015. Dans les industries, cette baisse est de l’ordre de de 5,8% et 4,8% pour les mêmes périodes. Alors que les services et l’activité du BTP ont enregistré des améliorations des taux d’emploi de 16,2% et 3% en 2001 à 17,3% et 4% en 2015 respectivement.

La croissance de la productivité du travail de l’économie nationale est restée, d’après les études du HCP, modérée avec une moyenne de 3% par an durant toute la période 2001-2015. Et pour cause, la mobilité de l’emploi intersectorielle s’est faite globalement entre des activités de faibles productivités. Ce qui, constate-t- on, reflète la lente transformation du tissu productif national.

La productivité du travail reste, cependant, la porte d’accès à la création de la richesse. Elle y contribue à hauteur de 92,5%, d’après les études du HCP, qui précisent que celle de l’effet démographique est de 19,8%. "Les limites du modèle économique viennent aussi du rôle des acteurs économiques, en particulier privés, mais aussi de l’État", estime Lahlimi. Et de recommander plus de flexibilité et de modernité pour "ouvrir des voies au travail et à l’attractivité" et se mettre au diapason des besoins internationaux technologiques et environnementaux.

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