MAROC
21/12/2017 08h:40 CET

HCP: Quand Ahmed Lahlimi Alami défend ses chiffres et ses cadres

Planning agency chief Ahmed Lahlimi Alami speaks during a news conference at the Royal Mansour Hotel in Casablanca, Morocco, Tuesday, Jan. 20, 2015. Morocco's planning commission has predicted an economic rebound for 2015 with 4.8 percent growth, based on lower oil prices international and expectations of a strong harvest. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)
ASSOCIATED PRESS
Planning agency chief Ahmed Lahlimi Alami speaks during a news conference at the Royal Mansour Hotel in Casablanca, Morocco, Tuesday, Jan. 20, 2015. Morocco's planning commission has predicted an economic rebound for 2015 with 4.8 percent growth, based on lower oil prices international and expectations of a strong harvest. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)

HCP - "Lorsque nous publions le chiffre du chômage au Maroc, établi à 10%, il s’agit d’un taux global. Ce dernier compte aussi le monde rural où le chômage, tel qu’il est défini et mesuré à travers le monde, est plus faible, parce que dans cette zone, c’est le sous-emploi qui est répandu". On doit cette mise au point au Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, qui a tenu à défendre les statistiques publiées par son département, mercredi soir, au cours de la présentation des deux études du HCP sur les sources de la création de la richesse au Maroc et sa répartition.

Interpellé par un participant accusant le HCP de livrer "des chiffres erronés sur la situation réelle" du Maroc, notamment en ce qui concerne le chômage, Lahlimi a saisi cette occasion pour dispenser une leçon de pédagogie sur la lecture des données. "Il ne faut pas dissocier le chiffre que nous donnons des détails qui l’accompagnent. Nous avons précisé, dans le taux de chômage, que 40% des femmes et 60% des jeunes diplômés sont touchés", a rappelé avec fermeté Lahlimi, non sans ironiser au passage, demandant s'il passerait pour plus honnête s'il en venait à communiquer des chiffres plus négatifs et plus alarmants.

Pour le Haut-commissaire au plan, les données doivent inviter les personnes intéressées à "les lire dans leur contexte scientifique" pour mieux les saisir. "Il n’y a pas de mains invisibles politiques qui nous manipulent. Toutes nos études sont basées sur des enquêtes sur le terrain", martèle le Haut-commissaire au plan. Et de préciser que, pour des thématiques comme la pauvreté, l’emploi ou l’alphabétisation, ce sont "plusieurs dizaines ou parfois des centaines de cadres du HCP qui mènent des enquêtes à travers le Maroc (…) Une fois les données réunies au niveau régional, puis central, elles sont publiées par le HCP", explique-t-il, soulignant l’importance de la cohérence entre ces cadres/enquêteurs pour faire aboutir ce travail.

"Il y a, peut-être, des aspects que nous ne soulevons pas au HCP", reconnait Lahlimi, citant en exemple la contrebande. "Nous n’avons pas les moyens de faire ce travail (…) Et tout ce qui se fait ici est soumis à des organismes internationaux, évalué, critiqué", ajoute Lahlimi. Et de préciser que "toute statistique n’est pas la réalité, mais un indicateur de la réalité".

Pour Lahlimi, si le citoyen ne croit pas aux chiffres du HCP, c’est parce qu’il "les ramène à sa vie concrète", ce qui est une idée fausse de la statistique en elle-même. Le Haut-commissaire au plan a, par ailleurs, tenu à souligner que 10% de chômage reste un taux très important dont il ne faut pas sous-estimer la valeur réelle. "Même avec 2% de chômage, je dirais que c’est trop!", conclut Lahlimi.

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