MAROC
21/12/2017 05h:14 CET

Birmanie: Une enquête lancée après la découverte d'une fosse commune

Zohra Bensemra / Reuters
Rohingya refugees, who crossed the border from Myanmar two days before, walk after they received permission from the Bangladeshi army to continue their way to the refugee camps, in Palang Khali near Cox's Bazar, Bangladesh October 19, 2017. REUTERS/ Zohra Bensemra

INTERNATIONAL - L'enquête ordonnée par l'armée birmane après la découverte de dix cadavres dans une fosse commune d'un village de l'Etat de Rakhine se poursuivait mercredi 20 décembre, alors que les soldats birmans font face à des accusations d'épuration ethnique contre la minorité musulmane, les Rohingyas.

Selon un communiqué du chef de l'armée, publié sur Facebook avec des photos floues de corps en décomposition, "une enquête est en cours pour découvrir la vérité derrière cette fosse". Cette fosse a été découverte lundi dans le village de Inn Dinn, dans le district de Maungdaw dans l'est du pays, où ont eu lieu ces derniers mois des violentes représailles de l'armée birmane suite à des attaques de musulmans rohingyas contre plusieurs postes frontières.

Jusqu'ici, l'armée birmane a toujours nié toutes représailles contre les civils, assurant que "seules 400 personnes" avaient été tuées, parmi lesquelles "aucun innocent". Celle-ci a annoncé que "des mesures seront prises conformément à la loi si les membres de la sécurité sont impliqués dans cette affaire".

L'enquête n'a pas encore révélé la date exacte de la mort des personnes retrouvées dans cette fosse. La communauté internationale a largement condamné la répression violente de l'armée qui a suivie ces attaques et les Nations unies ont également évoqué un possible génocide.

Le rapatriement des réfugiés rohingyas va bientôt commencer

Mardi, le Bangladesh et la Birmanie ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de commencer à rapatrier, à partir du mois de janvier, les réfugiés rohingyas. L'accord signé le 23 novembre pour le retour volontaire de près des trois quarts des réfugiés rohingyas qui ont pris refuge au Bangladesh, a été finalisé, mardi à Dacca, lors d'une rencontre des ministres des Affaires étrangères des deux pays.

Un groupe de travail créé à cet effet devra établir un calendrier pour procéder à la vérification de l'identité des réfugiés et organiser leur retour, a déclaré à la presse le chef de la diplomatie du Bangladesh.

L'accord sur le rapatriement n'est qu'un "exercice de relations publiques", a estimé Human Rights Watch (HRW), dans un rapport, ajoutant que les réfugiés rohingyas seraient en danger et sans protection ni droits garantis dans l'État de Rakhine, d'où ils proviennent majoritairement. Environ 655.000 Rohingyas auraient fui la Birmanie et trouvé refuge au Bangladesh depuis le mois d'août.

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