TUNISIE
20/12/2017 06h:42 CET

Plusieurs personnalités refusent le classement de la Tunisie comme paradis fiscal, et signent une lettre ouverte, publiée par The Financial Times

UE

Dans une lettre ouverte publiée par The Financial Times et signée par une douzaine d'investisseurs, diplomates, économistes et journalistes, européens pour la plupart, ceux-ci réclament haut et fort que la Tunisie n'est pas et n'a jamais été un paradis fiscal.

"Monsieur, nous avons été très surpris de constater que les ministres des Finances de l'Union Européenne avaient décidé d'inclure la Tunisie dans une liste de 17 pays accusés d'être des paradis fiscaux.

Les raisons de ce choix semblent être très techniques. Ils sont probablement le résultat d'une incompréhension des efforts déployés par le gouvernement tunisien afin de moderniser sa législation en faveur des investisseurs et des entreprises étrangères. Depuis la chute de Ben Ali il y a près de sept ans, la Tunisie se bat pour construire des institutions démocratiques. C'est la seule démocratie arabe aujourd'hui, aussi fragile soit-elle.

La décision de l'UE portera préjudice à l'image du pays et la confiance des investisseurs, à un moment où, le pays a réussi à faire face à la menace terroriste et subit encore les menaces et les conséquences de la situation en Libye, autrefois marché important pour les exportations tunisiennes.

Le gouvernement s'efforce d'augmenter la croissance économique et les emplois que celle-ci va créer, et qui sont tellement nécessaires. Une croissance économique rapide constitue une condition sinequanone à la consolidation de la démocratie en Tunisie.

La crise en Libye à elle seule, coûte chaque année à la Tunisie, 2% de la croissance de son PIB, ce qui expliquerait le faible taux de croissance de 1,3% en 2017.

La Tunisie mérite mieux que d'être mise sur une liste noire de paradis fiscaux à ce moment de son histoire. Nous sommes tous engagés avec la Tunisie, en tant qu'investisseurs, diplomates, économistes et journalistes, et ce depuis de nombreuses années.

Le pays n'a jamais été un paradis fiscal dans le passé et n'en est pas un aujourd'hui. Si l'Union Européenne prend au sérieux sa politique de partenariat et sa position publique de soutien de la démocratie dans les pays du sud de la Méditerranée, plus tôt les ministres des Finances reviennent sur leur décision, mieux ce sera."

Cette prise de position vient à la suite du classement par l'Union Européenne de la Tunisie parmi les 17 paradis fiscaux, une décision qui avait provoqué indignation et inquiétude dans le pays.

Une révision de cette décision lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de l'Union Européenne en janvier prochain, a été cependant annoncée par l'ambassadeur de l'Union Européenne en Tunisie, Patrice Bergamini, qui avait déclaré s'engager avec le gouvernement tunisien afin de régler dans les plus bref délais ce problème, affirmant qu'il est "confiant" quant au retrait de la Tunisie de cette liste noire.

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