TUNISIE
19/12/2017 12h:56 CET

Selon ces cadres de Nidaa Tounes, le consensus avec Ennahdha a porté préjudice au parti (VIDÉOS)

Facebook/Nidaa Tounes

Après avoir annoncé dans un communiqué qu'un vent de changement sera apporté à ses relations avec certaines formations politiques, voilà que Nidaa Tounes précise encore plus sa position et annonce une révision de la nature de son consensus avec le mouvement d'Ennahdha, en plus d'une probable rupture politique entre les deux partis.

En effet, sur le plateau de Mosaique FM, le porte-parole de Nidaa Tounes, Mongi Harbaoui, a annoncé qu'une réunion sera tenue en fin de semaine, et qui, dit-il, sera décisive par rapport aux différentes alliances qu'entretient Nidaa Tounes avec les autres partis, et plus spécialement avec Ennahdha.

"Nous sommes les seuls à avoir payé la facture des alliances décidées en 2014" a-t-il déclaré, ajoutant que la défaite aux élections législatives partielles en Allemagne ne reflète pas le poids du parti, mais renvoie un message fort de la part des adhérents qui ne sont pas "satisfaits des décisions du parti et souhaitent un changement".

"Ce message, nous l'avons accepté, et c'est pourquoi nous avons décidé d'entreprendre des changements." déclare-t-il.

Selon Harbaoui, les réformes décidées concernent en premier lieu l'alliance avec le mouvement Ennahdha, qu'il juge mal-avisée depuis son début en 2014.

"Ces révisions seront des révisions politiques qui n'affecteront en rien le gouvernement, ni le parlement" a-t-il ajouté.

Harbaoui a par ailleurs estimé que ce consensus, entre deux "grands adversaires", a plus porté préjudice à Nidaa Tounes, qu'il ne l'a fait à Ennahdha.

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"Si les dirigeants du parti estiment qu'une rupture politique avec Ennahdha s'impose, il en sera ainsi" a-t-il ajouté soulignant qu'un divorce politique entre les deux partis n'aura pas d'influence sur le gouvernement, puisque, dit-il, il s'agit d'un gouvernement d'union nationale qui "appartient au peuple et non aux partis".

Harbaoui a également laissé entendre une possible rupture politique avec Afek Tounes.

De son côté, dans une interview sur les ondes de Shems FM, le conseiller politique du mouvement Nidaa Tounes, Borhen Bsaies, a qualifié le choix de s'allier à Ennahdha en 2014 de "sacrifice pour le bien du pays et de sa stabilité politique".

Il a également déclaré que Nidaa Tounes n'a jamais compté sur le vote des partisans d'Ennahdha pour les élections législatives d'Allemagne, bien qu'Ennahdha ait soutenu le candidat Nidaïste.

Bsaies soutient également que l'adoption par l'ARP de l'article 36 qui a permis un rétablissement des droits de douane sur certains produits importés de Turquie, aurait été à l'origine de menaces de la part des membres d'Ennahdha, qui auraient déclaré que l'adoption dudit article met en danger le consensus entre les deux partis. "Cet incident pourrait être une des causes de notre défaite aux élections législatives partielles d'Allemagne" a-t-il ajouté.

"C'est pour cela que notre relation avec le mouvement d'Ennahdha sera à l'ordre du jour de la réunion" déclare Bsaies, ajoutant que la défaite aux législatives d'Allemagne "leur a ouvert les yeux" et leur "permettra de mieux se préparer" aux élections municipales le 06 mai 2018.

Les deux membres de Nidaa Tounes estiment que l'alliance avec Ennahdha décidée en 2014 fût un "sacrifice nécessaire" à la stabilité politique de la Tunisie, mais qui avait fortement détérioré la relation entre Nidaa Tounes et ses partisans, affirmant que le seul gagnant de ce consensus a été le mouvement d'Ennahdha.

Un consensus qui a été établi entre les hauts sommets des partis, mais qui n'est pas partagé par les partisans concluent-ils.

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