TUNISIE
18/12/2017 11h:21 CET

OTE: Pour 2018, les dettes représenteront 22% des dépenses publiques, un niveau record

Close up picture of Tunisian dinars, shallow depth of field.
MBPROJEKT_Maciej_Bledowski via Getty Images
Close up picture of Tunisian dinars, shallow depth of field.

"Dette publique: la Tunisie va-t-elle pouvoir franchir le Mur de la dette ?" C'est le titre de la nouvelle note de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), publiée ce lundi 18 décembre 2017. En effet, l'Observatoire, a choisi cette fois-ci de se pencher sur la question de la dette publique et des dépenses de l'État.

D'après lui, en 2018, le service de la dette atteindra un niveau record qui frôlera les 22% des dépenses publiques. Les prémices d'une crise aiguë serait perçues au cours de cette année. En effet, "l’augmentation vertigineuse de la dette publique de la Tunisie commence à se faire sentir dans le budget de l’État à travers le service de la dette, c’est-à-dire le remboursement annuel de la dette publique intérieure et extérieure, intérêts compris".

Evolutions inquiétantes

L'OTE souligne que le remboursement de la dette extérieure a explosé à partir de 2017, notamment avec la fin de la période de grâce octroyée à la Tunisie par les bailleurs de fonds étrangers. À ce propos, il a expliqué que "le service de la dette a quasiment toujours été le premier poste de dépense de l’Etat avec une moyenne de 19% des dépenses publiques sur la période 2008-2018. Alors que la part du service de la dette dans les dépenses publiques est passé de 20% en 2008 à 17% en 2011 pour se stabiliser à ce niveau jusqu’en 2016, cette part a explosé à partir de 2017, mais d’une manière assez curieuse".

ote

De plus, l'Observatoire a mis en exergue certaines incohérences et manoeuvres pour camoufler cet excès. En effet, il précise que la loi de finances 2017 votée fin 2016 prévoyait un service de la dette publique autour de 5,8 Mds de dinars, or "la loi de finances complémentaire 2017 votée en Décembre 2017, au même moment et donc masquée par la loi de finances 2018, ajustait ce service de la dette pour l’année 2017 à 7 Mds de dinars. Soit une différence d’estimation de 1,2 Mds de dinars !"

Explication du ministère des Finances

"Le ministère des Finances explique cette différence par le remboursement du prêt qatari, dont nous connaissions la date de remboursement depuis au moins l’événement Tunisia 2020 où une partie des promesses qataris allaient servir à rééchelonner notre dette envers le Qatar" réplique-t-il.

Le piège de la dette est-il en train de se refermer sur la Tunisie?

Appelées "le Mur de la dette", les années 2017 et 2018 correspondent au début du remboursement de tous les prêts octroyés par les bailleurs de fonds étrangers qui avaient accordé des périodes de grâce à la Tunisie pour le remboursement du principal de ses dettes, note-t-il.

L'OTE a mis en garde contre l'explosion de la charge des intérêts et du principal de la dette extérieure à rembourser à partir de 2017. "De même, à partir de la même année, nous observons également une forte augmentation des intérêts de la dette intérieure suite au vote de l’indépendance de la BCT qui a eu pour conséquence de rendre prohibitif le recours à l’endettement interne. Face à ces évolutions inquiétantes, la Tunisie va-t-elle pouvoir franchir le Mur de la dette ?" s'interroge l'OTE.

La Tunisie est classée parmi les pays à haut taux d’endettement. Selon le FMI, la dette publique atteindra 70% du PIB d'ici la fin de l'année. D'après Fitch Ratings, la dette publique demeure un des principaux handicaps économiques du pays. lEn effet, l'augmentation de la dette des institutions publiques, qui passerait de 62% du PIB en 2016 à 76% en 2024, représentent le point culminant de la dette.

LIRE AUSSI: Tunisie: Fitch Ratings met en garde contre une augmentation rapide de la dette extérieure nette

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.