TUNISIE
16/12/2017 10h:14 CET

L'ISIE reporte de nouveau la date des élections municipales

Après une réunion de concertation tenue ce samedi entre l'instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) et les différents acteurs politiques, et après une réunion du conseil de l'instance, le président de l’ISIE, Mohamed Tlili Mansri a déclaré qu'il a été décidé d'ajuster le calendrier des élections municipales.

Mansri a annoncé que les élections auront lieu avant le mois de Ramadan et donc avant le mois de mai, sans préciser une date exacte.

"Nous fournirons le calendrier détaillé au début de la semaine prochaine, et nous exhortons tous les acteurs de la scène politique à tenir leurs engagements et responsabilités" a-t-il déclaré

Mansri a également appelé la présidence du gouvernement à publier sans attendre le calendrier dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT), et la présidence de la république à émettre la convocation du corps électoral sans respecter le délai de trois mois avant le jour du scrutin.

Demandée par les partis politiques, cette réunion avait pour but de permettre à toutes les sensibilités politiques de se concerter autour de cette échéance électorale, comme l'avait déclaré le président de l’ISIE, Mohamed Tlili Mansri, peu avant le démarrage de la réunion.

Selon lui, les partis politiques, le gouvernement et le parlement tiennent à organiser les municipales dans les délais les plus brefs.

Société civile étonnée

Plusieurs composantes de la société civile se sont déclarées étonnées de voir les partis politiques demander une telle réunion, affirmant que le changement de la date des élections municipales risque de compromettre le processus démocratique, de remettre en cause la crédibilité des Instances indépendantes et de violer les engagements des différentes structures de l’Etat à appliquer le texte de la Constitution ".

Cette déclaration a été signée par l'Association Bawsala, l'Association "Kolna Tounes", l'Association tunisienne pour l'intégrité et la démocratie des élections (ATIDE), l'Association tunisienne de gouvernance locale et le collectif "Awfiâa".

Partis politiques partagés

Quant aux positions des partis au sujet de la date des élections municipales, elles semblent pour le moins mitigées.

La présidente du Conseil central de Machrou Tounes, Ouatfa Belaid s'est interrogée sur l'efficience d'une telle rencontre surtout que l'ISIE a déjà entamé les démarches préalables à la tenue du scrutin municipal selon un calendrier préétabli.

"L'instance électorale est indépendante et habilitée à trancher ", a-t-elle fait remarquer, estimant qu'il n'est plus question de se concerter vu que le processus électoral est déjà engagé.

Corroborant les propos de Belaid, le dirigeant du parti Al-Irada, Tarek Kahlaoui, a estimé que le gouvernement a retardé la publication du calendrier électoral afin de permettre au parti au pouvoir de se préparer au scrutin.

Pour le porte-parole de Nidaa Tounes, Mongi Harbaoui, le plus important pour le parti, est de réussir à instaurer un pouvoir local, indépendamment de la date des élections. A ce propos, il a souligné la nécessité d’aboutir à un consensus sur une date qui ne dépasserait pas mi-mai 2018.

Le mouvement d'Ennahdha a quant à lui jugé indispensable d’organiser les élections municipales avant l’avènement du mois de ramadan.

"La date butoir des élections municipales ne doit pas dépasser le mois de ramadan", a envisagé le Mouvement Ennahdha en commun accord avec le Mouvement Nidaa Tounes et l’Union patriotique libre (UPL).

Noureddine Bhiri a, pour sa part, jugé indispensable d’organiser les élections municipales dans les plus brefs délais pour aplanir les insuffisances des structures municipales.

"Cette rencontre de concertation est l'occasion de rapprocher les vues", a-t-il dit, réaffirmant l'attachement d'Ennahdha à la tenue des élections dans les plus brefs délais.

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