TUNISIE
16/12/2017 08h:10 CET

L'avocat de Chafik Jarraya: "Nous détenons des dossiers compromettants susceptibles de faire chuter tout le gouvernement"

Dans une publication sur sa page Facebook, l'avocat de Chafik Jarraya, Fayçal Jadlaoui a déclaré être en possession de dossiers compromettants, capables de faire chuter le gouvernement actuel.

Répondant à une information émise par le député Sahbi Ben Fraj affirmant que des lobbies s'activent dans le but d'enterrer l'affaire Jarraya, Jadlaoui a mis le député au défi de révéler les noms des personnes derrière cette prétendue manœuvre, accusant par l'occasion les médias de salir l'image de son client en diffusant de fausses informations

"Je le dis pour la millième fois, nous sommes tenus au secret de l'instruction. Mais si cela continue de cette façon, nous vous affronterons, et nous avons de quoi faire chuter entièrement le gouvernement, donc ne nous poussez pas à le faire" lit-on dans sa publication.

Dans une intervention sur la chaine Attessia TV, Jadlaoui affirme que plusieurs membres du gouvernement d'union nationale seraient impliqués dans l'affaire de Chafik Jarraya. La liste que Jadloui avait brandi à l'antenne, comprendrait selon lui, des noms de ministres actuels comme Mehdi Ben Gharbia, de personnalités connues comme le journaliste Raouf Khalfallah, du conseiller du chef du gouvernement chargé de la communication, Mofdi Mseddi, ou encore du chef du gouvernement lui même, Youssef Chahed.

"Si mon client Chafik Jarraya était quelqu'un de puissant ou d'influent, il ne serait pas derrière les barreaux à l'heure qu'il est. Mais les vrais corrompus sont libres et le resteront" a-t-il déclaré.

Défendant son client lorsqu'il a présomptueusement déclaré à la télévision le 31 octobre 2016 que le gouvernement de Youssef Chahed est "incapable d'arrêter une chèvre", Jadlaoui affirme que cela n'a jamais été une provocation mais uniquement la vérité puisque, dit-il, à part la justice, ni le chef du gouvernement ni le président sont en mesure d'arrêter un citoyen.

Le procureur général de la cour d’appel de Tunis avait rejeté mercredi 13 décembre, les demandes de transfert de l’affaire Chafik Jarraya au pôle judiciaire de lutte contre terrorisme et de la maintenir aux mains du juge d’instruction du tribunal militaire.

Dans un communiqué rendu public, le procureur général a précisé que la neuvième chambre d’accusation de la cour a rejeté toutes les demandes des accusés y compris la demande de se décharger de l’affaire pour le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme et d’ordonner son retour à l’instruction militaire.

Chafik Jarraya avait été arrêté le 24 mai 2017 et accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, trahison et intelligence avec une armée étrangère en temps de paix, après une plainte déposée au parquet militaire à son encontre.

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