MAROC
16/12/2017 09h:59 CET

Au Maroc, plus de 50% des actes de violences envers les femmes commis par leur conjoint

Au Maroc, plus de 50% des actes de violences envers les femmes commis par leur conjoint
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Au Maroc, plus de 50% des actes de violences envers les femmes commis par leur conjoint

VIOLENCES - La violence physique contre la femme est la plus répandue au Maroc, et plus de 50% des actes de violence sont commis par le conjoint, selon le deuxième rapport annuel de l'observatoire national de la violence à l'égard des femmes pour l'année 2016.

Le rapport, présenté vendredi 15 décembre lors d'une conférence de presse en présence de la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui, a révélé que la violence physique touche essentiellement les femmes âgées entre 18 et 30 ans (plus de 40%), suivies par celles âgées entre 31 et 45 ans, à savoir les femmes en âge d'activité économique.

Selon ce rapport, dont les chiffres ont été collectés auprès des cellules institutionnelles d'accueil des femmes victimes mises en place au niveau des tribunaux, des hôpitaux, des postes de police et de la gendarmerie, les lieux publics ont connu le plus grand nombre d'actes de violence physique et sexuelle à l'égard des femmes, en comparaison aux autres espaces.

L'observatoire relève également la persistance de plusieurs cas de violence "dangereuses", à l'instar de la violence conduisant à la mort, soit avec préméditation ou sans intention de la donner, recensant dans ce sens 92 meurtres perpétrés en 2015 et 81 en 2016.

Les femmes sans travail rémunéré sont les plus vulnérables à la violence notamment sexuelle, ajoute la même source notant que 10% des affaires enregistrées par le ministère de la Justice en 2016 et 2015 ont concerné des violences sexuelles faites essentiellement par des adultes.

De même, plus de la moitié de ces violences sexuelles, soit 65% en 2015 et 68% en 2016, ont été commises contre des femmes âgées de moins de 30 ans, selon des données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Le viol arrive en tête des violences sexuelles enregistrées au niveau des cellules institutionnelles relevant du ministère de la Justice et de la gendarmerie royale, qui font état d'une hausse du nombre de femmes déclarant être victimes d'une violence ou ayant besoin d'une assistance auprès du personnel de santé.

La violence notamment physique contre les femmes âgées persiste aussi, déplore la même source qui note que 883 femmes âgées de plus de 61 ans étaient victimes de ce maltraitement en 2015 (6% des cas), et 792 autres en 2016, soit 5%.

Pour définir le terme de violence à l'égard des femmes, l'Observatoire a adopté la même définition incluse dans le projet de loi 103.13 approuvé par la Chambre des représentants le 20 juillet 2016, qui la considère comme étant "tout acte physique ou moral ou abstention basé sur la discrimination en raison du sexe, entraînant des dommages corporels ou psychologiques, sexuels ou économiques pour les femmes" et énoncée dans la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

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