MAROC
14/12/2017 07h:52 CET

6.700 Rohingyas ont été tués en août et septembre dont 730 enfants

A Rohingya refugee baby sits at the entrance of his family's temporary shelter at the Onchiprang refugee camp near Cox's Bazar, Bangladesh December 13, 2017. REUTERS/Alkis Konstantinidis
Alkis Konstantinidis / Reuters
A Rohingya refugee baby sits at the entrance of his family's temporary shelter at the Onchiprang refugee camp near Cox's Bazar, Bangladesh December 13, 2017. REUTERS/Alkis Konstantinidis

ROHINGYAS - C'est un rapport glaçant que publie "Médecins sans frontières". Selon une enquête réalisée par l'ONG, parmi les 9.000 Rohingyas décédés dans l’Etat de Rakhine, en Birmanie (Myanmar), entre le 25 août et le 24 septembre, 6.700, dont 730 enfants, ont été tués par "l’armée birmane, la police et des milices locales".

Un chiffre bien éloigné de celui rapporté par les autorités birmanes, comme le fait remarquer l'AFP, qui avaient évoqué "environ 400 morts du côté des 'terroristes' rohingyas ayant lancé les hostilités fin août".

Des résultats "effroyables"

"L’ampleur et la nature des violences que nous avons mises au jour sont effroyables. Le pic des décès tels que rapportés par les réfugiés pendant l’enquête coïncide avec le lancement des opérations par les forces de sécurité du Myanmar la dernière semaine d’août" rapporte à l'ONG Sidney Wong, directeur médical de MSF.

"Les études montrent qu’au moins 71,7% de ces décès sont dus à la violence, y compris parmi les enfants de moins de cinq ans" explique MSF. Parmi les décès dus à la violence, 69% ont été causés par des tirs par balle, 9% par des brûlures mortelles, 5% par des tabassages.

Parmi les enfants de moins de cinq ans, plus de 59% de ceux qui ont été tués durant cette période ont été tués par balle, 15% ont subi des brûlures mortelles, 7% ont été battus à mort et 2% tués par des explosions de mines.

Des chiffres sous-estimés

Des chiffres terribles qui pour l'ONG sont "vraisemblablement sous-estimés", cette dernière n'ayant pas pu réaliser d'enquêtes dans tous les camps de réfugiés au Bangladesh, pays où ont fui plus de 630.000 Rohingyas. MSF n'a également pas pu parler à ceux restés en Birmanie.

Le médectin marocain Zouhair Lahna, chirurgien obstétricien, s'était rendu le 18 novembre dans un camp de réfugiés au Bangladesh pour une mission de dix jours avec l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM). Ce dernier avait raconté au HuffPost Maroc les sévices subis par ces Rohingyas qui se sont retrouvés face à l'armée birmane: "La violence sexuelle est beaucoup utilisée contre les femmes. C'est une arme sourde et dangereuse, parce qu'elle ne laisse pas de traces externes".

Crise humanitaire

Depuis le début de la crise, de nombreuses associations humanitaires se mobilisent pour venir en aide à cette population particulièrement fragile. "Beaucoup d'ONG s'affairent pour venir en aide aux réfugiés, construisent des latrines, des points d'eau, des tentes... Des médecins généralistes se relaient pour leur venir en aide", explique le Dr Zouhair Lahna.

Une situation humanitaire compliquée à gérer pour le Bangladesh, qui a négocié avec la Birmanie des accords de rapatriement. Des accords que MSF juge "prématurés". En effet, ces derniers craignent que les Rohingyas soient à nouveau la cible de violences de la part des autorités birmanes ou de la population.

En septembre dernier, l'ONU qualifiait les persécutions subies par cette minorité musulmane de "nettoyage ethnique".

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