TUNISIE
14/12/2017 06h:00 CET

Tunisie: Pour le FMI, la loi de finances 2018 est ambitieuse

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Un accord a été conclu pour le déblocage de la 3ème tranche du crédit de 2,9 milliards de Dollars de la part du FMI pour la Tunisie. C'est ce qu'a annoncé le ministre-conseiller auprès du chef du gouvernement chargé du suivi des réformes majeures, Taoufik Rajhi, dans un post publié sur les réseaux sociaux.

L'information a été, par ailleurs, confirmée par le responsable du Fonds monétaire international (FMI), Bjorn Rother où il a indiqué sur les ondes d'Express Fm que les discussions effectuées par la mission du Fonds avec les responsables tunisiens ont été positives et fructueuses. Il a noté que le décaissement de la 3ème tranche sera prévu au cours du mois de janvier ou février 2018.

Dans un communiqué de presse publié le 13 décembre par le FMI, Rother a souligné que "le principal défi pour les mois à venir sera de rattraper les retards significatifs accusés dans l’effort d’éliminer les obstacles à la croissance et dans la maitrise des déficits budgétaires et extérieurs importants".

Loi de Finances ambitieuse

Qualifiant la loi de finance 2018 d'ambitieuse, le responsable du FMI a estimé que l'adoption de cette dernière traduit l'engagement des autorités tunisiennes à entreprendre des actions décisives avant l'examen de la deuxième revue par le Conseil d'administration du FMI. "L’achèvement de la revue mettrait à disposition 227,3 millions de DTS (environ 320 millions de dollars), ce qui porterait le total des décaissements au titre du MEDC à environ 1 milliards de dollars" précise le communiqué.

Économie tunisienne à deux tendances opposées

Et de poursuivre: "deux tendances opposées caractérisent l'économie tunisienne à la fin de cette année. La croissance s'est raffermie pour atteindre environ 2% en raison des améliorations significatifs du climat sécuritaire. Les arrivées de touristes ont connu une hausse de 30%, la production de phosphates a fortement rebondi et les investissements (étrangers et nationaux) montrent des signes précoces de reprise. Cependant, d'un autre côté, les vulnérabilités macroéconomiques se sont accentuées et nécessitent une action urgente. La dette publique atteindra 70% du PIB d'ici la fin de l'année, le déficit record du compte courant sera à deux chiffres, et les réserves internationales de la Banque Centrale de Tunisie ont chuté".

Des mesures décisives s'imposent

Rother a estimé, d'autre part, que "la reprise économique ouvre la possibilité de prendre des mesures décisives. Les autorités tunisiennes ont déjà franchi une étape importante en adoptant une loi de finances audacieuse pour 2018, qui vise à réduire le déficit budgétaire à moins de 5% du PIB. Pour atteindre cet objectif budgétaire ambitieux, il faudra mettre en œuvre la stratégie fiscale du gouvernement et mettre en œuvre la stratégie globale de réforme de la fonction publique. La réduction des subventions de l'énergie, qui profite de manière disproportionnée aux ménages aisés, et la poursuite de la réforme du système de sécurité sociale sont d’importantes étapes sur le chemin de la stabilisation des déficits et de la dette".

Il a noté que "les pressions inflationnistes croissantes exigent une réponse forte. L'inflation a dépassé les 6% en novembre, sous l'effet de hausses significatives des prix des produits alimentaires. A ce niveau, l'inflation affecte le revenu disponible et les investissements à long terme. La poursuite de la stratégie de resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie, y compris en limitant le refinancement des banques, contribuera à ancrer les anticipations d'inflation et à soutenir le dinar sur le marché des changes. La flexibilité du taux de change continuera de contribuer à rendre l’économie tunisienne plus compétitive".

Pour une économie tunisienne qui réponde aux espoirs du peuple

"Pour que l'économie tunisienne réponde aux espoirs du peuple tunisien, accélérer la mise en œuvre des réformes programmées de longue date est indispensable. La refonte du cadre réglementaire pour la résolution des créances accrochées et pour la gouvernance des banques publiques aidera les petites et moyennes entreprises (PME) à accéder davantage aux financements bancaires. En rendant l'ensemble du secteur bancaire plus efficace, la réforme des banques publiques impactera directement l'un des principaux obstacles à la croissance et à l'emploi en Tunisie. La nomination imminente des membres du conseil exécutif de l’Instance Constitutionnelle Indépendante pour la Bonne Gouvernance et la Lutte Contre la Corruption sera un jalon important dans la lutte du gouvernement contre la corruption".

Le FMI soutient le retrait dés que possible de la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux

Rother a souligné que "le FMI soutient l'objectif du gouvernement tunisien d'être retiré dès que possible de la liste des juridictions fiscales non coopératives de l'UE. Dans ce contexte, le rapprochement progressif entre les régimes fiscaux onshore et offshore et la modernisation en cours de l'administration fiscale en vue d'améliorer le respect des obligations fiscales sont des engagements de réforme soutenus par le programme MEDC. La pleine mise en place de la direction générale des grandes entreprises récemment créée aidera à démontrer l'engagement des autorités à améliorer l'équité et la transparence du système fiscal tunisien. La participation de la Tunisie à l'initiative du G20 Compact with Africa témoigne également de l'engagement fort du pays en faveur du commerce international et de la possibilité de saisir les opportunités offertes par l'investissement étranger et l'intégration économique."

Dirigée par Björn Rother, une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Tunis du 30 novembre au 13 décembre pour achever les consultations de 2017 au titre de l’article IV et mener à bien la deuxième revue du programme économique de la Tunisie appuyé par un accord quadriennal au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) approuvé en mai 2016. Plusieurs rencontres ont eu lieu notamment avec le Chef du Gouvernement, Youssef Chahed, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, le ministre de l'Investissement, Zied Laâdhari, le ministre des Réformes Majeures Taoufik Rajhi et le Gouverneur de la Banque Centrale, Chedly Ayari.

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