MAROC
13/12/2017 09h:19 CET

À quoi sert le "G5 Sahel" défendu mordicus par Macron?

French President Emmanuel Macron (2ndR) hosts a meeting with Burkina Faso's President Roch Marc Christian Kabore, Chadian President Idriss Deby, Malian President Ibrahim Boubacar Keita, Mauritania's President Mohamed Ould Abdel Aziz, and Niger's President Mahamadou Issoufou ahead of a summit with leaders of the G5 Sahel countries to discuss how to speed up the implementation of the G5 West African counter-terrorism force at La Celle-Saint-Cloud, near Paris December 13, 2017.  REUTERS/Ludovic Mar
POOL New / Reuters
French President Emmanuel Macron (2ndR) hosts a meeting with Burkina Faso's President Roch Marc Christian Kabore, Chadian President Idriss Deby, Malian President Ibrahim Boubacar Keita, Mauritania's President Mohamed Ould Abdel Aziz, and Niger's President Mahamadou Issoufou ahead of a summit with leaders of the G5 Sahel countries to discuss how to speed up the implementation of the G5 West African counter-terrorism force at La Celle-Saint-Cloud, near Paris December 13, 2017. REUTERS/Ludovic Mar

POLITIQUE - En plein sommet sur le climat à Paris, Emmanuel Macron organise ce mercredi 13 décembre non loin de la capitale un autre rendez-vous diplomatique. A La Celle-Saint-Cloud, le président français retrouve sa partenaire allemande Angela Merkel ainsi que les cinq chefs d'Etat des pays d'Afrique sahélienne pour tenter de relancer la mobilisation internationale au profit du G5 Sahel.

Initiée il y a un peu plus de six mois avec le soutien de la France, cette nouvelle force anti-jihadiste, composée de soldats de cinq pays de la région (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad), s'est fixée un objectif simple sur le papier mais complexe d'un point de vue opérationnel: constituer d'ici la mi-2018 une force internationale de 5000 hommes pour endiguer puis éradiquer la menace jihadiste dans cette région pauvre d'Afrique.

Objectif: éradiquer les foyers extrémistes

Cette coalition militaire inédite vise notamment à combler les lacunes des dispositifs militaires nationaux et multinationaux dans la région du Sahel, au sud du Sahara, devenue ces dernières années un important foyer pour les groupes extrémistes, notamment depuis que la Libye a sombré dans le chaos en 2011, que la secte Boko Haram s'est étendue au Nigeria et que des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda se sont emparés du nord du Mali en 2012.

Ces derniers avaient été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, mais les violences perdurent dans le centre et le nord du Mali et se sont étendues aux pays voisins, notamment le Niger. Les forces islamistes prennent notamment pour cibles les forces armées nationales et les populations civiles, menaçant de déstabiliser des pays déjà minés par la pauvreté.

Paris compte sur l'efficacité du G5 Sahel pour limiter ses propres interventions militaires dans la région, à la fois coûteuses en vies humaines et financièrement. Pour la seule opération Barkhane dans la région, la France a engagé 4000 hommes et d'importants moyens opérationnels.

Problème: le G5 Sahel manque pour l'instant cruellement de ressources pour agir efficacement sur un territoire énorme, presque aussi vaste que l'Europe. Estimant que sa mise en place "n'avançait pas assez vite", le président français a donc pris plusieurs initiatives diplomatiques. La France a notamment obtenu le vote d'une résolution à l'Onu, en dépit des réticences américaines, autorisant les Casques bleus stationnés au Mali à apporter -sans coût- un soutien logistique et opérationnel au G5 Sahel.

Renforcer l'effort (financier) de guerre

L'autre initiative se déroule ce mercredi en région parisienne. L'enjeu de la réunion est justement de renforcer l'investissement international pour soutenir les efforts des pays du G5, dans la droite ligne de la politique africaine défendue par Emmanuel Macron.

Le rendez-vous de La Celle-Saint-Cloud doit rassembler une vingtaine de délégations: les cinq pays concernés, les organisations et pays impliqués opérationnellement comme l'ONU, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) ou la France, et les pays donateurs du G5 Sahel, dont les Etats-Unis et l'Arabie saoudite.

L'objectif est de trouver au moins 250 millions d'euros dans un premier temps, puis "400 millions à plein exercice", selon Paris. L'Union européenne a promis 50 millions d'euros, la France 8 millions d'euros (surtout en matériels), chacun des cinq pays fondateurs 10 millions d'euros, et l'Arabie saoudite devrait confirmer mercredi une contribution de 100 millions de dollars. Les Etats-Unis ont quant à eux promis aux cinq pays membres du G5 Sahel une aide bilatérale globale de 60 millions de dollars.

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