MAROC
13/12/2017 13h:09 CET

Ce qu'il faut savoir sur la pluie d'étoiles filantes visible cette nuit au Maroc (INTERVIEW)

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Ce qu'il faut savoir sur la pluie d'étoiles filantes visible cette nuit au Maroc

ÉTOILES - Si vous avez des voeux à exaucer, c'est le moment de lever la tête. Cette nuit, une pluie d'étoiles filantes, connue sous le nom de Géminides, connaîtra son pic avec plus d'une étoile filante visible par minute. Pour ceux qui ont la chance d'habiter hors des grandes villes ou de sources de pollution lumineuse, la soirée devrait vous offrir un beau spectacle. Pour mieux comprendre ce phénomène, le HuffPost Maroc s'est entretenu avec Zouhair Benkhaldoun, directeur de l’Observatoire de l'Oukaimeden, enseignant-chercheur à l'université Cadi Ayyad de Marrakech et président du Comité national pour l’astronomie au Maroc.

HuffPost Maroc: À quoi est dû ce phénomène de pluie d'étoiles filantes?

Zouhair Benkhaldoun: Il s'agit d'un phénomène annuel. Les Géminides, cette pluie d'étoiles filantes dont il est question, arrivent généralement entre le 7 et le 17 décembre. Cette année, le pic est prévu cette nuit, du 13 au 14 décembre. Ce qu'il faut savoir, c'est que le mouvement de la terre autour du soleil passe de temps en temps par des régions où il y a une traînée de poussières, laissées soit par des comètes soit par des astéroïdes. C'est en rentrant en collision avec ces poussières-là que ces débris réagissent dans l'atmosphère et donnent des "flashs" lumineux qui apparaissent sous forme d'étoiles filantes.

Seront-elles bien visibles au Maroc?

Cette nuit, comme la météo est très bonne, et que la lune n'est présente qu'en fin de nuit, nous allons avoir un très beau ciel pour détecter ces étoiles filantes. Toute la nuit à partir du coucher du soleil, il y aura en moyenne 70 étoiles filantes visibles par heure, voire plus en fonction de l'endroit où l'on se trouve et de la transparence du ciel. On pourra continuer à observer ces étoiles filantes pendant plusieurs jours, mais cette nuit, ce sera le pic. Dans les grandes villes, le ciel est pollué par la lumière, donc on a moins de chances d'en voir, mais cela ne veut pas dire qu'on ne pourra pas les voir. Si l'on s'éloigne des gros projecteurs ou que l'on est dans un endroit où on arrive à voir les étoiles en temps normal, on pourra voir les étoiles filantes. Mais il est conseillé d'aller dans une banlieue ou un lieu où il n'y a pas de lumière parasite.

Existe-t-il d'autres pics d'étoiles filantes?

En temps normal, il y a des étoiles filantes tout le temps, mais c'est beaucoup plus rare de les voir. On en observe une quinzaine ou une vingtaine par nuit en dehors des pics et des éclats de météorites qui ont lieu plusieurs fois par an, notamment au mois d'août et au mois de novembre. Il n'y a en effet pas que les Géminides, mais aussi les Léonides en novembre, les Perséides en août... Cet essaim d'étoiles filantes arrive plusieurs fois dans l'année.

Au niveau de l'Observatoire de l'Oukaimeden, qu'apprenez-vous lors de tels phénomènes?

Au Maroc, nous avons un réseau de surveillance, de caméras, pour observer les bolides, c'est-à-dire les gros morceaux de ces étoiles filantes qui risquent de se transformer en météorites. Notre programme est centré sur la recherche du point d'impact sur la terre, une fois que les météorites ont chuté. Nous essayons aussi de remonter, par le calcul des trajectoires, à ce qu'on appelle les "corps parents", c'est-à-dire les comètes ou astéroïdes d'où proviennent ces météorites. C'est intéressant de remonter aux corps qui leur ont donné naissance. À l'observatoire de l'Oukaimeden, des caméras observent toute l'année le ciel à la recherche de ces bolides.

Est-ce fréquent que ces "bolides" tombent au Maroc?

Oui c'est très fréquent. Le Maroc est une terre très riche en météorites, on annonce souvent des découvertes plus ou moins importantes. Le problème, c'est qu'il n'y a pas encore de programme assez fiable pour qu'on puisse dire, en temps réel, où la météorite est tombée exactement. Notre objectif, c'est vraiment de développer le réseau de surveillance, parce qu'il ne suffit pas d'avoir une caméra posée quelque part, il faut au moins trois caméras pour faire une triangulation et trouver l'endroit exact de l'impact.

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