MAROC
13/12/2017 09h:12 CET | Actualisé 13/12/2017 09h:14 CET

La Serre de Aïn Chock fait revivre la mémoire du quartier et de ses habitants

Atelier de l'Observatoire

CULTURE - Les habitants du quartier casablancais de Aïn Chock ont pu être surpris en se réveillant ce mercredi matin: une serre s’est dressée du jour au lendemain sur le parking du centre culturel du quartier.

Dans cette serre de 150 mètres carrés, ce ne sont pourtant pas des fruits et légumes qu’on y fait pousser. La serre abritera du 13 au 17 décembre une multitude d’activités culturelles et artistiques, pour cultiver les idées et faire grandir les esprits des habitants de ce quartier périphérique de la ville blanche, peu importe les contraintes extérieures.

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"Nous voulons nous installer dans les espaces publics et plus précisément dans les quartiers périphériques de Casablanca pour travailler sur la mémoire de Aïn Chock et engager les habitants du quartier", explique au HuffPost Maroc Léa Morin, directrice de l’Atelier de l’Observatoire, qui organise cet événement.

La Serre de Aïn Chock sera divisée en différents espaces dont une bibliothèque pour enfants, un espace pour projection de films comme "Le Blues des Sheikhates" (2004) de Ali Essafi, et une buvette. Plusieurs stands longeront les quatre côtés de la serre où se donneront des ateliers de dessin et autres expressions artistiques.

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Au centre, une scène accueillera divers spectacles adressés aux petits et grands, notamment celui de Ammi Driss, cet acteur et animateur qui a bercé l’enfance de tous les Marocains des années 80. Si le spectacle peut constituer un moment de nostalgie pour les parents d’aujourd’hui, il pourrait être une véritable découverte pleine d’humour pour leurs enfants.

Toujours du rire avec la troupe JAA du fameux Kabareh Cheikhats, qui s’inspire du patrimoine marocain et se produira pour la première fois sur une scène populaire de quartier. Les hommes de la troupe qui dansent et chantent déguisés en chikhates prévoient également de faire apprendre au public un de leurs textes, "Qassidat Echchjaan" ("Le poème des braves").

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La troupe de Kabareh Cheikhats sur scène.

Préserver la mémoire

Un musée éphémère s’installera près de la serre pour présenter des objets liés à l’histoire du quartier collectés auprès des habitants de Aïn Chock après un travail de recherche. L’exposition permettra de redonner vie à ces objets du quotidien, mais aussi à quelques d’archives de la SNRT, dont le siège se situe à Aïn Chock, des photos, vidéos et des enregistrements audio de témoignages des habitants qui content leur quartier.

"Avec ce musée collectif, nous voulons retracer et écrire l’histoire d’une mémoire peu connue, la mémoire des habitants des quartiers, de personnes marginalisées", explique la directrice.

Le musée sera également l’occasion de présenter le résultat d’un mois de résidence à l’Atelier de l’Observatoire d’un groupe de jeunes artistes marocains qui ont participé au programme "La Ruche" et pu suivre une série d’ateliers de cinéma, de journalisme, de slam… autour du même thème de la mémoire du quartier.

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Les ateliers de "La Ruche".

Les visiteurs pourront aussi découvrir ou redécouvrir Aïn Chock à travers différentes rencontres et interventions, mais aussi lors de la traversée urbaine prévue avec l’architecte Flor Grassiot. Cette enseignante à l’Ecole d’Architecture de Casablanca présentera le quartier aux visiteurs et même à ses habitants.

"C’est un quartier historique avec une architecture très intéressante, c’est un des plus anciens quartiers de la ville", explique Léa Morin. "On s’intéresse aussi beaucoup aux quartiers en marge de la ville."

Le musée et la serre disparaîtront après quelques jours, mais l’Atelier de l’Observatoire tient à pérenniser ce projet.

"Pour nous, la serre est un programme pilote puisque c’est un projet qui se prolongera sur trois ans dans une dizaine de quartiers casablancais", révèle Léa Morin. "Notre objectif final est de créer un véritable musée collectif pour que la mémoire, celle des quartiers, des familles, des personnes marginalisées redevienne publique", espère-t-elle.

Initié par l’Atelier de l’Observatoire et soutenu par l'Union européenne via le programme NET MED Youth de l'Unesco, le projet des serres itinérantes avait commencé en 2015 au parc de la ligue arabe à Casablanca. La serre s’était également installée à Marrakech, au cyberpark.

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