TUNISIE
13/12/2017 09h:38 CET | Actualisé 14/12/2017 07h:01 CET

Harcèlement sexuel: Ces célébrités tunisiennes témoignent

Facebook/Rim Benna/ Nour Guiga

Alors que partout dans le monde, l'opinion publique est secouée par les révélations successives sur l'envers du décor des univers de Hollywood, du mannequinat et de la télé, deux célébrités tunisiennes, l'actrice Rim El Benna et le mannequin Nour Guiga brisent le mur du silence et confient avoir été victimes de violences sexuelles.

Invitée de l'émission Labess sur El Hiwar Ettounis, Rim El Benna a révélé qu'elle a été victime de harcèlement sexuel à l'âge de 12 ans de la part de son professeur: "Je n'avais que 12 ans, je n'avais aucune forme encore (...) à ceux qui disent que la victime est forcément coupable, je leur réponds que je n'avais que 12 ans, encore une gamine, je ne savais rien (...) rien de ne justifie ça", lance-t-elle.

L'actrice a gardé le silence et n'a osé en parler qu'après des années: "J'avais peur, peur que mon père aille le tuer, qu'il aille en prison pour moi, que ça dégénère", explique-t-elle, en précisant qu'elle a voulu, il y quatre ans, porter plainte mais que les délais de prescription ne permettent plus de le faire.

Rim El Benna a confié également son viol à l'âge de 20 ans après avoir été droguée par son amie. Ce n'est que plus tard qu'elle a pris connaissance de l'identité de son agresseur. L'actrice ne sortira pas indemne de ces violences et elle a dû consulter pendant des années un psychologue. "Si je parle avec autant d'aisance de cette histoire, c'est que j'ai pris de la distance par rapport à ça car j'ai fait un travail sur moi-même", en invitant toutes les victimes à faire de même.

À noter que Rim El Benna a fait partie de la campagne Warri qui met à nu des actrices avec des stigmates de coups sur leur corps. La campagne visait à dénoncer les violences envers les femmes.

LIRE AUSSI: Quand les actrices tunisiennes mettent à nu la violence (PHOTOS)

Autre révélation, celle du mannequin Nour Guiga. Celle-ci confie à travers un statut Facebook, les attouchements et le harcèlement sexuel dont elle a été victime dans le milieu du mannequinat:

"Parfois, vous êtes harcelée sexuellement, mais les gens autour de vous donnent l'impression que tout va bien et que ce n'est pas grave.

En tant que fille et en tant que mannequin, j'ai été harcelée sexuellement plusieurs fois, mais à cette époque, je pensais: (...) 'Je porte des jeans serrés et je montre un décolleté .. peut-être que je suis une salope', 'ça fait partie du boulot ... il m'a touché juste un peu ... c'est bon' et c'est tout.

Je n'en ai jamais parlé, je n'ai jamais rien dit, simplement parce que je pensais que les gens pourraient penser que je suis une fille facile. Ce mouvement me donne le courage de parler. Vous pouvez le faire également", écrit-elle en faisant allusion au mouvement #Me too.

Depuis l'affaire de Harvey Weinstein, une vague de mobilisation inédite est en cours partout dans le monde pour dénoncer les agressions sexuelles. Les affaires mettant en cause des présumés agresseurs circulent avec le hashtag #MeeToo (moi aussi).

Lundi, trois femmes ont accusé lundi en direct sur la NBC, le président américain Donald Trump d'agression sexuelle.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.