ALGÉRIE
12/12/2017 13h:38 CET | Actualisé 13/12/2017 04h:05 CET

Azazga: hommage au chahid Mohand Selhi, dit Oulhadj

Capture d'écran

Une stèle à la mémoire de Mohand Selhi, militant et chahid de la guerre de Libération nationale a été inaugurée jeudi 07 décembre 2017, au centre de formation professionnelle et d'apprentissage de la commune Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Une cérémonie de baptisation de cet établissement au nom du chahid, dit Oulhadj, a également eu lieu en compagnie de nombreux de ses proches et membres de sa famille, qui ont pris part à une table ronde autour de son parcours et son combat.

Né en 1917 au village Cherfa n’Bahloul, à Azazga, Mohand Selhi a fait ses études primaires dans sa ville natale. En 1930, après avoir réussi son concours de bourses, il a rejoint le collège de Blida, actuellement lycée Ibn Rochd, où il a rencontré Ali Boumendjel, par la suite avocat et militant politique pour la Libération nationale.

Six années plus tard, Mohand Selhi obtenait son baccalauréat, série mathématiques élémentaires et entamait à Alger la préparation aux grandes écoles au lycée Bugeaud, actuel lycée Emir-Abdelkader, pour y étudier les mathématiques supérieures. Le militant a d'ailleurs réussi son examen d'entrée à l'Ecole polytechnique de Paris mais la mention de "musulman" le privait de son droit d'accès à cet établissement d'études supérieures, alors réservées aux Français de souche.

Deux années après la fin de la Seconde guerre mondiale (1939-1945), Mohand Selhi obtenait son diplôme d'ingénieur de métallurgie et des mines à l’école de Nancy. Nommé plus tard à un poste au département de l'Industrie du Gouvernorat général à Alger, il a démissionné en 1956 pour rejoindre la société anglo-néerlandaise Shell, chez laquelle il a retrouvé son camarade Ali Boumendjel.

mohand selhi

Mohand Selhi (à gauche) et Ali Boumendjel

Parallèlement à ses cursus, Oulhadj menait de nombreuses activités de militant et adhérant à l'UDMA de Ferhat Abbas et des Scouts musulmans algériens. Il participait également à la mobilisation de soutiens dans la Kabylie pour la lutte nationale et menait, après le déclenchement de la Révolution en 1954, des missions spéciales camouflées par ses déplacements professionnels.

Sa maison a abrité plusieurs réunions clandestines, auxquelles ont participé plusieurs militants et moudjahidines, dont feu Hocine Aït Ahmed.

Il était également chargé, lors de son arrestation, de mettre sur pied une radio clandestine à Alger pour contrer la propagande colonialiste.

De quoi pousser de nombreux de ses camarades à le mettre en garde contre une éventuelle arrestation durant ses déplacements en Algérie, en raison de son militantisme. Des craintes justifiées puisqu'en février 1957, lors d’un déplacement professionnel dans la ville d' Oran, il s'est fait arrêter par des parachutistes français.

Mohamed Selhi, accusé, alors de tenir des réunions clandestines pour mobiliser à la Guerre de libération, est décédé, tout comme Ali Boumendjel, sous la torture à la ferme Perrin avant d'être déclaré disparu. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

De nombreux invités, famille, proches, représentants et étudiants étaient présents à la cérémonie de baptisation du centre de formation professionnelle d'Azazga, amorcée par un chant de l'hymne national dans la cour en hommage à Mohand Selhi.

Une gerbe de fleurs a été solennellement déposée par ses filles, devant la stèle, érigée en la mémoire du militant et chahid Oulhadj.

Le centre de formation a également abrité une table-ronde, durant laquelle les invités, proches et moudjahidines, témoignaient sur le parcours et le combat de Mohand Selhi.

mohand selhi

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