MAROC
11/12/2017 12h:58 CET

Lutte antiterroriste: 9 cellules démantelées et 186 extrémistes arrêtés au Maroc en 2017

A Moroccan policeman stands guard at the Central Bureau of Judicial Investigation office in Sale, March 23, 2015. Moroccan authorities said on Monday they had dismantled a militant cell planning to create an Islamic State affiliate in the North African kingdom, seizing guns and accusing its members of plotting attacks. Reporters were shown six pistols and ammunition seized from a hideout near the southern city of Agadir, in the offices of the BCIJ in the city of Sale. REUTERS/Stringer
Stringer . / Reuters
A Moroccan policeman stands guard at the Central Bureau of Judicial Investigation office in Sale, March 23, 2015. Moroccan authorities said on Monday they had dismantled a militant cell planning to create an Islamic State affiliate in the North African kingdom, seizing guns and accusing its members of plotting attacks. Reporters were shown six pistols and ammunition seized from a hideout near the southern city of Agadir, in the offices of the BCIJ in the city of Sale. REUTERS/Stringer

BILAN - Dans une interview accordée à la MAP, Abdelhak Khiame, directeur du Bureau Central des Investigations Judiciaires (BCIJ) revient sur les chiffres marquants de l'année 2017 en matière de lutte contre le terrorisme dans le royaume. Le bureau indique ainsi avoir démantelé cette année neuf structures terroristes, neutralisé 186 terroristes présumés et arrêté 20 returnees, soit les personnes ayant regagné le Maroc après un passage dans un foyer de tension.

Des résultats dont se félicite le directeur du BCIJ, qui rappelle que depuis le début de sa création en 2015, il aura été procédé au démantèlement de 49 cellules terroristes, dont 5 sont liées au courant "Al Faye Wa Listihlal", tandis que les 44 autres sont liées à l’organisation terroriste Etat islamique. Ces démantèlements ont ainsi concerné 21 cellules terroristes en 2015, 19 en 2016 et 9 en 2017.

S'il y a eu moins de cellules terroristes démantelées cette année, ce serait en partie grâce au travail pro-actif mené par les éléments du BCIJ, et qui aurait asséné un coup quasiment fatal à la présence de Daech et autres nébuleuses sur le territoire marocain, à en croire le directeur.

"S’agissant des personnes arrêtées dans le cadre de ces démantèlements, elles sont, depuis 2015, au nombre de 739 individus (275 en 2015, 276 en 2016 et 186 en 2017)", précise-t-il par ailleurs.

Un autosatisfecit teinté de prudence

Le BCIJ demeure tout de même vigilant à l’égard des individus ayant regagné le Maroc en provenance des rangs des groupes terroristes. De 2015 à 2017, le Bureau a procédé à l’arrestation de 92 marocains ayant effectué le djihad. Sur les 20 personnes arrêtées en 2017, 19 individus proviennent de la zone de conflit Syro-irakienne et un de la Libye.

"Sur ce point, la démarche adoptée par le BCIJ s’inscrit dans le cadre de la politique générale du royaume qui a déjà mis en place un texte de loi qui pénalise la tentative de rallier ou le ralliement effectif d’un foyer de tension", explique Abdelhak Khiame.

En évoquant la tentative de ralliement, le responsable sécuritaire affirme qu’aucun cas similaire n’a été enregistré en 2017. Trois personnes ayant tenté de rejoindre les rangs de Daesh avaient, par ailleurs, été arrêtées entre 2015 et 2016.

Une coopération régionale nécessaire

"L’expérience marocaine est devenue un modèle pour les pays du monde", souligne par ailleurs Abdelhak Khiame, qui rappelle que "le royaume s’est toujours dit prêt à coopérer avec les États qui le veulent bien", citant notamment la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, en plus des pays du Golfe et des pays occidentaux, dont les Etats-Unis. Une coopération est vitale en ce sens car elle permet aussi bien au Maroc qu’à ces pays, "d’actualiser les bases de données au sujet de toutes les personnes qui s’activent dans le domaine terroriste", selon le directeur du BCIJ.

Ce dernier regrette toutefois le refus de coopération d'un voisin pourtant stratégique, l'Algérie, "malgré la menace qui guette tous les pays maghrébins". "On ne peut avoir d’informations précises sur les terroristes qui s’activent dans la région sans pour autant instaurer une coopération régionale solide", affirme le directeur du BCIJ. En attendant un éventuel changement d'orientation à ce sujet, il souligne que la stratégie du Maroc n'est pas que sécuritaire, rappelant l'intervention du royaume dans le champ religieux avec la formation des imams et, sur le volet social, l’action de la société civile telle que l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH).

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