TUNISIE
11/12/2017 08h:27 CET

Selon le député Sahbi Ben Fredj, un scénario se tisse pour enterrer l'affaire Chafik Jarraya

A picture taken on October 31, 2014 in Tunis shows Tunisian businessman Chafik Jarraya arriving for a meeting in Tunis. Jarraya is one of four people arrested in Tunisia on suspicion of corruption and financing a wave of protests in the North African country, a senior official said on May 24, 2017. / AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID via Getty Images
A picture taken on October 31, 2014 in Tunis shows Tunisian businessman Chafik Jarraya arriving for a meeting in Tunis. Jarraya is one of four people arrested in Tunisia on suspicion of corruption and financing a wave of protests in the North African country, a senior official said on May 24, 2017. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Depuis son arrestation en mai dernier, l'homme d'affaire controversé Chafik Jarraya fait encore parler de lui. Son affaire connaît de multiples rebondissements depuis plusieurs mois. Une affaire sans fin?

Récemment, le député Sahbi Ben Fredj a publié un statut Facebook dans lequel il met en doute l'implication de certaines parties influentes qui incitent à enterrer l'affaire à tout prix et pousser à la libération de Jarraya.

Des révélations chocs qui tentent de démêler les ficelles. En effet, Ben Fredj a évoqué la pression accrue qui s'exerce sur le cours de l'affaire. Il a révélé que les "alliés" de Jarraya ont tout fait pour mettre en cause la crédibilité des procédures entamées à son encontre. Une grande campagne médiatique s'est mobilisée pour semer le doute, précise-t-il. "Nous sommes en mesure de révéler les noms de ces parties sauf que le devoir de réserve nous empêche de donner des détails sur ce sujet" réplique-t-il.

De plus, il a souligné le harcèlement du témoin principal de l'affaire, un sécuritaire. Ce dernier a fait l'objet de poursuites judiciaires multiples et a même été frappé par une interdiction de voyage, sans qu’il n'ait été auditionné. Et son témoignage a été jeté aux oubliettes malgré son importance majeure.

En parallèle, les recours contre les décisions du juge d’instruction militaire se multiplient, pour libérer les impliqués de cette affaire, note-t-il.

Ben Fredj a dévoilé également d'autres manœuvres plus graves. Il est revenu sur les pressions exercées sur la magistrate en charge de l’affaire au sein de la cour d’appel de Tunis pour qu’elle délaisse volontairement le dossier. Il a signalé, d'autre part, la formation d’une nouvelle chambre d'accusation auprès de la cour d’appel de Tunis pour se charger des dossiers relevant de la compétence de la justice militaire. Formée le 4 décembre, cette nouvelle chambre d'accusation envisage d'organiser sa première séance, ce mardi, soit une semaine après sa formation, a-t-il averti. Et d'ajouter que deux jours après, les avocats des accusés sont sur le point d'intenter un procès en référé pour la libération de leurs clients et la remise de l’affaire devant la justice judiciaire.

"Cette affaire ne nous rappelle pas le dossier Belaïd? Les choses peuvent-elle aller au point de créer une justice sur-mesure?..." Beaucoup de questions ont été soulevées par Ben Fredj mettant en relief la gravité de ces manoeuvres.

"Heureusement, que ce scénario a échoué (...) en attendant une nouvelle tentative" a-t-il ajouté en précisant que le procureur général a refusé la demande de la juge, et que la décision relative à la création d'une nouvelle chambre d'accusation a été gelée.

Pour Ben Fredj, le danger reste grand et le combat continue. "Jusqu'à présent, la justice n’a pas cédé mais jusqu'à quand va-t-elle tenir? Allons-nous continuer à regarder et à garder le silence? ..." a-t-il conclu.

Dans un coup de filet anti-corruption lancé en mai dernier par le chef du gouvernement Youssef Chahed, l'homme d'affaires Chafik Jarraya a été arrêté ainsi que de nombreux autres hommes d'affaires.

Assigné à résidence, une enquête a été ouverte par le parquet militaire à son encontre pour "atteinte à la sûreté de l’État, trahison et intelligence avec une puissance étrangère en temps de paix”.

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