MAROC
11/12/2017 14h:44 CET | Actualisé 11/12/2017 14h:44 CET

Après le limogeage des ministres, au tour de 180 agents des autorités locales d'être sanctionnés par le roi

MAP

SANCTION - Les sanctions se suivent et ne se ressemblent pas. Cette fois-ci, elles ont concerné des responsables des autorités locales. Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit a soumis au roi Mohammed VI les résultats des investigations menées par son département, ce lundi 11 décembre, lors d’une audience royale à Casablanca. 180 agents de l’autorité sont ainsi concernés, dont un wali, 6 gouverneurs, 6 secrétaires généraux, 28 pachas et présidents d'arrondissements, 122 caïds et 17 Khlifas.

Dans un communiqué du cabinet royal, relayé par la MAP, il est précisé que la reddition des comptes est de mise, et les responsables concernés ne pourront pas s'y soustraire. Ainsi, un wali et 6 gouverneurs ont été suspendus et devront s’expliquer devant les conseils de disciplines. Même sort pour 86 agents de l’autorité de différents grades, alors que 87 autres ont reçu un blâme.

Le roi Mohammed VI a donné ses instructions pour que les mesures légales nécessaires soient prises à l’encontre de ces agents ayant failli à leur mission. Cette audience royale intervient suite à celle accordée par le roi Mohammed VI le 24 octobre dernier, en rapport avec l’évaluation de l’action des centres régionaux d’investissement (CRI), par la Cour des comptes, et les investigations entreprises au niveau national par le ministère de l’Intérieur concernant les responsables, tous grades confondus, relevant de ce département.

Le rôle central des CRI

Les CRI, premiers relais de la dynamique régionale à laquelle le souverain avait appelé notamment dans son message du 9 janvier 2002, ne semblent pas avoir totalement réussi leur mission. L’évaluation de l’action des CRI par la Cour des comptes le montre. Les conclusions du rapport de cette dernière présentées au souverain, au cours de cette audience, "ont permis de relever les anomalies qui empêchent ces centres de remplir leur mission fixée par la lettre royale adressée au Premier-ministre en date du 9 janvier 2002", indique le communiqué du cabinet royal.

Si les CRI ont plutôt assumé leur rôle dans la création d’entreprises, ils n’ont pas été si performants dans l’accompagnement et l’aide aux investisseurs. La Cour des comptes relève, entre autres, l’absence de suivi post-création et la non-assistance aux petites et moyennes entreprises. L’absence de données actualisées ou d’études détaillées sur l’investissement et sur le potentiel économique des régions est également mise en évidence. Quant à la commission régionale d’investissement, elle ne se montre pas efficace.

Pour la Cour des comptes, les CRI doivent abandonner "l’approche purement bureaucratique qui caractérise leur action pour se pencher sur le traitement des dossiers qui leur sont soumis au niveau local". Des dossiers qui, constate la Cour des comptes, sont renvoyés aux services centraux à Rabat sans aucune justification.

Esprit d’initiative, proactivité et mobilisation des potentialités, c’est ce qui manquent aux CRI, à en croire ce rapport.

Autres recommandations. Pour assurer un suivi permanent du dispositif national d’aide à l’investissement, le département de Jettou estime qu’il convient de mettre en place la commission de haut niveau, prévue par la lettre royale de 2002, chargée de préparer les mesures nécessaires à la mise en œuvre de la réforme de l’investissement et du suivi de son application.

Des propositions attendues d'ici au plus tard deux mois

Pour agir efficacement, le souverain a donné ses instructions au chef du gouvernement afin qu'il collabore avec l’ensemble des secteurs concernés et avec la Cour des comptes, et ce en vue d'élaborer des propositions dans un délai ne dépassant pas deux mois. Ces propositions seront relatives à la réforme et à la mise à niveau des CRI leur permettant d’accomplir leurs missions d’incitation à l’investissement, de promotion du développement. Les CRI devront ainsi devenir un vecteur d’exploitation des grandes potentialités d’investissement qu’offre l’économie nationale et accompagner le développement du Maroc.

Le souverain a insisté également, indique le communiqué du cabinet royal, sur la nécessité d’accorder un intérêt particulier à la formation des cadres de ces centres et leur qualification. Il s’agit d’"être à la hauteur des missions qui leurs sont assignées afin de relever les défis du développement, sur le plan local et national, dans notre pays".

Les CRI devront accorder une attention particulière aux petites et moyennes entreprises et les accompagner pour les aider à dépasser les obstacles qu’elles affrontent. Une assistance nécessaire pour que les entreprises puissent jouer leur rôle dans la promotion du développement et la création de l’emploi.

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