MAROC
11/12/2017 13h:48 CET | Actualisé 11/12/2017 15h:50 CET

5 étudiants lancent un projet pour briser le tabou des règles au Maroc

ECOLIBREE
5 étudiants veulent briser le tabou des règles au Maroc

MENSTRUATIONS - L'année 2017 aura très certainement réussi à lever (en partie) le voile sur le tabou des règles. Après la couverture explicite du magazine L'Equipe sur les règles chez les sportives, la parution de plusieurs ouvrages sur le sujet ou la création de maillots adaptés, cinq étudiants de Sciences Po Paris veulent eux aussi briser le tabou persistant des menstruations, au Maroc cette fois-ci.

Les cinq jeunes (Charles Culioli, Walid Ben Hamadi, Moez Rais, Rita Sekkat et Denizalp Goktas) originaires de France, de Tunisie, du Maroc et de Turquie, qui étudient tous au campus "Moyen-Orient Méditerranée" de Sciences Po, s'apprêtent à mener, du 15 au 17 décembre, une campagne de sensibilisation baptisée "Be Happih" accompagnée d'une distribution de kits de serviettes hygiéniques lavables à des jeunes filles dans un internat au sud de Marrakech.

Leur projet a pu aboutir grâce à un financement obtenu suite à leur participation au "Challenge Solidaire", un concours co-organisé par leur école et la Direction de la coopération internationale de Monaco (DCI). Arrivés deuxièmes, ils ont pu décrocher une bourse de 5.000 euros (environ 50.000 dirhams) pour mener leur action.

"Le but du concours était de monter un projet de A à Z avec pour objectif d'aider l'enfance vulnérable au Maroc", explique au HuffPost Maroc Rita Sekkat, une des étudiantes à l'origine du projet. Inspirés par un projet similaire réalisé en Tunisie par l'association Wallah We Can, les cinq étudiants ont lancé un appel d'offres au Maroc pour sélectionner une petite entreprise à Fès, chargée de produire les serviettes hygiéniques en tissu qui seront distribuées aux jeunes filles.

kits serviettes hygieniques

Ces serviettes sont biodégradables, fabriquées à 100% en coton, sans aucun produit chimique et respectueuses de l'hygiène intime, avec une durée de vie de plusieurs années. Les kits contiendront 6 serviettes, produites sur le modèle des prototypes fournis par l'association tunisienne, qui ont subi quelques modifications après avoir été testés par plusieurs étudiantes de Sciences Po.

Les cinq étudiants se sont appuyés sur l'association marocaine Insaf (Institut national de solidarité avec les femmes), qui vient notamment en aide aux femmes et aux enfants défavorisés, pour définir une zone d'action dans la région de Marrakech. Le projet sera ainsi mis en place à Dar Attaliba d’Imintanout, un centre d’hébergement pour jeunes filles. "Nous nous rendrons sur place, avec un médecin, pour parler avec elles et les sensibiliser sur la thématique de l'hygiène. Elles ont accès aux serviettes hygiéniques, mais la problématique de l'hygiène et des règles reste assez taboue", explique Rita Sekkat.

Quant à commercialiser ensuite le produit, ce n'est pas encore d'actualité. "À la base, c'est surtout un produit humanitaire, donc le but n'est pas forcément de le vendre", explique l'étudiante. "Par contre, on a eu plusieurs bons retours sur notre projet, d'autres associations du Maroc et d'ailleurs nous ont contactés pour nous dire qu'elles voulaient faire éventuellement d'autres campagnes similaires dans le futur avec nous", ajoute-t-elle. D'autres actions pourraient ainsi être menées à plus grande échelle.

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