ALGÉRIE
09/12/2017 03h:36 CET | Actualisé 09/12/2017 03h:37 CET

Alger: des patrouilles nocturnes pour la prise en charge des sans-abri

APS

Les services de la wilaya d'Alger ont intensifié cet hiver les caravanes et patrouilles nocturnes en charge de recueillir et de transférer les sans-abri vers les centres d'accueil, pour leur épargner de passer la nuit dans la rue en ce froid glacial.

Composées d'éléments de la protection civile, de la Direction de l'action sociale (DAS) et du SAMU de la wilaya d'Alger, de la Sûreté nationale et des services de la Santé, ces caravanes prennent le départ au siège de la wilaya à 22h et ciblent les lieux très fréquentés par les SDF (sans domicile fixe) notamment à Bab El Oued (arcades), la place des martyrs, la Casbah tout près de la nouvelle mosquée, les sous-sols du port de pêche dans la commune de Sid M'hamed, la voie ferrée de la station d'Agha, la rue Hassiba Ben Bouali ainsi que les communes de Belouizdad et d'Hussein Dey, selon les responsables de la wilaya.

Ces sans-abri sont transférés aux centres d'hébergement relevant de la DAS (centre d`hébergement d`urgence de Dely Brahim, les foyers pour enfance assistée d’El Biar et d'El Mohamadia, les centres pour personnes âgées de Bab Ezzouar et de Sidi Moussa et l'Etablissement Diar Errahma de Dely Brahim) ou bien aux centres d'hébergement relevant de la wilaya d'Alger (Dar El Hassana pour femmes en détresse, le centre de prise en charge des sans-abri à Dekakna (Douéra) ainsi que deux centres de prise en charge des hommes et des femmes dans la commune de Réghaïa).

Un nouveau centre pour la prise en charge des sans-abris d'une capacité de près de 350 places ouvrira ses portes dans les prochaines semaines, a annoncé le chef du cabinet du wali, Mohamed Amrani qui supervise ces caravanes.

Parfois, jusqu'à 200 personnes, toutes catégories d'âges confondus, des malades mentaux, des handicapés et même des toxicomanes sont transférées vers les centres d'hébergement, a fait savoir le coordinateur de ces caravanes, le directeur de la Protection civile de la wilaya d’Alger, le colonel Mohammed Tighrestine, soulignant que son expérience sur le terrain a démontré que "95% des SDF sont issus des wilayas de l'intérieur".

Le directeur du bureau de l'Action sociale d'Alger (chargé de la gestion des maisons d'hébergement relevant de la wilaya d'Alger) actuellement appelé bureau de la solidarité sociale de la wilaya, Mohamed Laïchi a rappelé que le nouveau centre de Dely Brahim d'"hébergement d'urgence" sera destiné aux sans-abri et est le seul centre, à travers le territoire national, d'une capacité de plus de 300 places.

Ces sans-abri issus des wilayas intérieures sont des femmes en détresse (mères célibataires ou ayant fui leurs foyers), des personnes âgées, des malades mentaux et des handicapés, a indiqué Mme Rabéa Mohamedi, membre de la caravane.

La majorité des pensionnaires de ces centres sont issus des wilayas intérieures contre une minorité d'Alger, a constaté l'APS lors d'une tournée dans ces centres d'accueil.

A Dar El Hassana, la plupart des pensionnaires sont des mères célibataires issues des villes intérieures qui se sont retrouvées dans la rue, n'ayant pas de familles à Alger. Elles ont pu rejoindre ce centre grâce à la caravane de wilaya.

L'administration contacte les parents et tentent de trouver une solution, nous confie la directrice du centre, Houda Cherfi.

Le centre pour personnes âgées de Bab Ezzouar qui accueille seulement des personnes âgées de 65 ans et plus prend en charge, la nuit, des personnes de tout âge qui sont transférées par la caravane de la wilaya afin de leur permettre de passer la nuit au chaud.

Contrairement à la plupart des sans-abri qui regagnent ces centres d'accueil notamment en cette saison froide, certains refusent de rejoindre ces espaces et préfèrent rester dans la rue en raison de "la maltraitance qu'il subissent", selon leurs dires. La majorité d'entre eux sont installés près des arcades de Bab El Oued, de la place des Martyrs, du 1er mai et de Mohamed Belouizdad.

"Je ne retournerai jamais dans cet endroit. Je préfère encore passer la nuit dans la rue car les Algérois sont généreux", a lancé Meriem (60 ans) originaire de Biskra qui trouve refuge sous les arcades d'El Kettani à Bab El Oued. A la tombée de la nuit, elle regagne la cage d'escaliers d'un immeuble pour y passer la nuit avec l'autorisation des habitants.

Meriem se rappelle encore de cette nuit où elle a été transférée par les agents de la wilaya d'Alger à Dar El Hassana de Zghara où elle a été maltraitée.

Anissa, mohamed et leurs deux enfants, une famille qui a pour abri la rue (à Bab El Oued) n'a jamais été approchée par les membres de la caravane dont ils ignorent l'existence. "Je vivais avec ma petite famille dans un bidonville qui été rasé en 2016. Je n'ai pas bénéficié de logement et je me suis retrouvé à la rue. J'ai déposé un recours auprès de la wilaya et je suis toujours dans l'attente d'une réponse", nous déclare Mohamed.

Chaque soir, Mohamed, Salim, Tayeb et Aïssa, tous des SDF, attendent les bus de la caravane de la wilaya pour les transférer aux centres d'hébergement. Pendant la journée, ils se livrent à la mendicité et à la nuit tombée, ils préfèrent regagner les centres d'accueil particulièrement le centre pour personnes âgées de Bab Ezzouar où il sont bien traités.

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