MAROC
08/12/2017 13h:50 CET | Actualisé 08/12/2017 14h:28 CET

Plus de 73% des cas de violence à l'égard des femmes se produisent dans les lieux publics

Bassima Hakkaoui/Facebook

ÉTUDE - Près de 73% des cas de violence à l'égard des femmes se produisent dans les lieux publics, selon une étude réalisée en 2016, a indiqué ce vendredi, à Marrakech, la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l'Egalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui. Un taux en net augmentation par rapport à l'année précédente où il était de 66,9%.

S'exprimant lors d'une conférence régionale, dans le cadre de la 15e campagne nationale de lutte contre la violence à l'égard des femmes, Bassima Hakkaoui a déclaré que "l'éradication de ce fléau social est tributaire de la fédération des efforts de toutes les composantes de la société, dont les autorités, les élus locaux et la société civile".

Elle a, en outre, expliqué que la lutte contre ce phénomène et l'instauration d'une protection efficiente des femmes relèvent d’une responsabilité commune qui nécessite des législations et la convergence entre les différents intervenants.

La police contre la violence à l’égard des femmes?

Dans ce contexte, la ministre a souligné que les conseils élus sont appelés à garantir les conditions maximales susceptibles de lutter contre ce phénomène. Elle a mis en relief les efforts des autorités publiques, la gendarmerie royale et de la sûreté nationale au côté du ministère de tutelle, pour éradiquer ce fléau des lieux publics.

L'an dernier déjà, à l'occasion de la publication du rapport de l'Observatoire national de violence à l'égard des femmes, les intervenants avaient "mis l'accent sur la nécessité d'habiliter les agents de police à intervenir dans les cas de violence à l’égard des femmes dans les espaces publics". Une recommandation qui, depuis, ne semble pas avoir porté ses fruits au regard des chiffres se rapportant aux cas de violences dans l'espace public.

Bassima Hakkaoui avait aussi affirmé que des centres d'écoute avaient été créés et disséminés dans plusieurs régions (Ndlr: En 2015, 14 centres d’écoute étaient recensés au Maroc) afin de fournir l'information et les données exactes de la réalité de ce phénomène".

Plus fort que le changement

Le wali de la région Marrakech-Safi, Abdelfettah Lebjioui, a exprimé, pour sa part, "la forte adhésion du système local et territorial dans cette campagne à travers plusieurs initiatives et mesures de sensibilisation pour lutter contre la violence à l'égard des femmes dans les lieux publics eu égard aux spécificités de la ville de Marrakech et son ouverture sur toutes les cultures et civilisations".

"Il faut s'intéresser à toutes les formes de violence à l'égard des femmes et non se limiter à la seule violence physique", a-t-il ajouté, précisant que le "Maroc a accompli de grands progrès dans ce domaine en comparaison avec plusieurs pays arabes".

Le président du conseil communal de Marrakech, Mohamed Larbi Belcaid, a relevé de son côté, que la prolifération du phénomène de la violence à l'égard des femmes dans les sociétés arabes reste "un indicateur du sous-développement de ces sociétés". Et de souligner que malgré tous les efforts déployés par le Maroc, "la violence à l'égard des femmes notamment dans les lieux publics reste malheureusement une réalité".

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