ALGÉRIE
08/12/2017 12h:53 CET | Actualisé 08/12/2017 12h:57 CET

A Alger-centre, la police a empêché une manifestation pour la Palestine

Photo d'archive
AFP via Getty Images
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Ce vendredi 8 décembre 2017, la police a interdit une manifestation pour la Palestine à Alger. La decision de Trump sur le statut d’El Qods, décriée par l’Algérie et partout dans le monde, n’a pas constitué aux yeux des autorités une raison pour faire une exception à la sacro-sainte interdiction des manifestations dans la capitale.

Les manifestants qui ont répondu à un appel lancé la veille sur les réseaux sociaux à une manifestation à la Grande Poste contre la décision de Donald Trump de déclarer El Qods capitale d'Israël, ont été surpris par un important dispositif policier, des barrières et des contrôles empêchant tout rassemblement.

Quelques minutes après la prière du vendredi, de nombreux manifestants se sont dirigés vers la place en face de la Grande Poste à Alger pour exprimer leur colère et leur soutien à la Palestine. Mais des dizaines de policiers en tenue et en civil étaient déjà là.

Certains ont encerclé un groupe d’une dizaine de personnes, kéfiés et drapeaux de la Palestine en mains, en face de l’entrée de la poste. D’autres rodaient autour de l’esplanade et scrutaient les passants à la recherche d’éventuels sympathisants de la Palestine passibles de rejoindre le premier groupe.

En quelques minutes, la police a conduit plusieurs groupes de jeunes loin du lieu du rassemblement, de force parfois. Ils ont empêché certains de s'asseoir sur des bancs publics et contrôlé des téléphones pour effacer des photos. Un policier a même demandé à un jeune d’enlever le kéfié autour de son cou. Un autre agent a interpellé un passant ceint d’un kéfié, et lui a indiqué un autre chemin à prendre, loin du lieu du rassemblement.

Puis la police a décidé d’éparpiller même le groupuscule “toléré” à l’entrée de la poste, les obligeant à emprunter la rue Didouche Mourad. Sur le chemin, d’autres policiers attendaient aux sorties du métro d’éventuels manifestants pour les disperser vers les ruelles adjacentes.

Le dispositif s’étendait jusqu’à la fac centrale où des agents, armés de bâtons, semblaient plus nerveux qu’ailleurs.

“Je n’ai rien fait, j’étais en train de marcher!”, crie, en larmes, un adolescent qui affirme avoir été frappé par un policier.

Malgré ce quadrillage du centre de la capitale, des Algérois ont quand-même exprimé leur soutien à leur façon. Des drapeaux palestiniens sur les vitres des voitures ou des kéfiés habillant des carcasses de motos. Certains ont même lancé des “Falastine Chouhada”.

En fin d’après-midi, des policiers étaient toujours sur l’esplanade de la Grande Poste, obligeant des “suspects” à circuler, à aller voir ailleurs.

Des manifestations ont eu lieu dans la majorité des capitales de la région et un nombre de villes européennes, mais ce vendredi à Alger, des Algériens n’ont pas pu exprimer librement leur solidarité aux Palestiniens.

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