ALGÉRIE
08/12/2017 10h:52 CET | Actualisé 08/12/2017 10h:53 CET

Deux responsables de Lafarge, dont l'ex-PDG Bruno Lafont, présentés à la justice

A pedestrian walks in front of the entrance to the headquarters of French cement producer Lafarge in Paris on November 14, 2017. A search is reported to be under way at Lafarge headquarters in Paris, which is suspected of indirectly funding jihadist groups in Syria, including the Islamic State (IS), said sources close to the survey and from the company. / AFP PHOTO / Martin BUREAU        (Photo credit should read MARTIN BUREAU/AFP/Getty Images)
MARTIN BUREAU via Getty Images
A pedestrian walks in front of the entrance to the headquarters of French cement producer Lafarge in Paris on November 14, 2017. A search is reported to be under way at Lafarge headquarters in Paris, which is suspected of indirectly funding jihadist groups in Syria, including the Islamic State (IS), said sources close to the survey and from the company. / AFP PHOTO / Martin BUREAU (Photo credit should read MARTIN BUREAU/AFP/Getty Images)

Deux responsables de Lafarge, dont l'ex-PDG Bruno Lafont, ont été présentés vendredi à la justice en vue d'une éventuelle inculpation dans l'enquête sur le financement par le cimentier du groupe Etat islamique en Syrie, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a requis leur inculpation ainsi que le placement en détention provisoire de Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et a demandé que Christian Herrault, ex-directeur général adjoint, soit soumis à un contrôle judiciaire, a précisé cette source.

Jeudi, Eric Olsen, DRH puis directeur général adjoint du groupe français à l'époque des faits, avant de devenir directeur général après la fusion avec le Suisse Holcim en 2015, a été inculpé pour "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d'autrui" et placé sous contrôle judiciaire. Il devra s'acquitter d'une caution de 200.000 euros, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

La filiale syrienne (Lafarge Cement Syria, LCS) du groupe est mise en cause pour avoir pactisé avec l'EI entre novembre 2013 et septembre 2014 afin de maintenir son usine de Jalabiya (nord du pays), dans une zone de conflit tenue notamment par l'organisation jihadiste d'Abou Bakr al-Baghdadi.

Elle lui a fait remettre plus de 500.000 dollars et lui a acheté des matières premières, dont du pétrole, en violation d'un embargo de l'Union européenne, selon un rapport rédigé à la demande de Lafarge par le cabinet américain Baker McKenzie.

Les enquêteurs tentent de déterminer si la direction à Paris a pu être au courant de tels agissements.

Les contradictions entre les trois responsables sont nombreuses.

Christian Herrault, qui a reconnu début 2017 que le groupe avait été victime d'une "économie de racket", a assuré "avoir régulièrement informé Bruno Lafont" et que ce dernier "n'avait émis aucune objection à l'époque", d'après le rapport Baker McKenzie.

Mais l'ex-PDG, entendu en janvier en audition libre par les enquêteurs, a démenti avoir été informé. "Pour moi, les choses étaient sous contrôle. Si rien ne me remontait, c'est que rien de matériel ne se produisait", avait assuré Bruno Lafont.

Outre M. Olsen, trois cadres de Lafarge, dont deux ex-directeurs de l'usine de Jalabiya, ont été inculpés dans cette enquête menée au pas de charge par un juge d'instruction du pôle antiterroriste et deux juges du pôle financier.

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