TUNISIE
11/12/2017 03h:55 CET

La directrice du Centre de langue et de civilisation arabe Nada Yafi vous dit tout ce que vous devez savoir sur la semaine de la langue arabe à l'IMA

arabic alphabet texture background - with the word 'arabic'
asafta via Getty Images
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La 3e édition de la fête de la langue arabe se tient du 10 au 17 décembre prochain à l'Institut du Monde Arabe et elle sera célébrée sur scène, au cinéma, en rencontres et débats.

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la langue arabe instituée par l'UNESCO le 18 décembre.

Parmi les défenseurs de la langue arabe et organisatrice de cette semaine de la langue arabe, on retrouve la directrice du Centre de langue et de civilisation arabe au sein de l'Institut du Monde Arabe, Nada Yafi que le HuffPost Tunisie a rencontré. Interview.

HuffPost Tunisie: Comment est venue l'idée d'organiser la semaine de la langue arabe? Et quel en est le but?

Nada Yafi: Tous les ans, le 18 décembre, l'UNESCO célèbre la journée mondiale de la langue arabe, en souvenir du 18 décembre 1976, date à laquelle la langue arabe est devenue l'une des six langues officielles des Nations. C’est en étant invitée à cette célébration que j'ai eu l'idée d'organiser toute une semaine de festivités autour de cette date, célébration qui est au cœur de la mission de l'IMA: promouvoir une meilleure connaissance de la langue et de la culture arabe. Les deux étant inséparables.

De même que l’IMA promeut la culture arabe à travers les collections de son musée, les expositions, les concerts, les débats, les actions éducatives en direction des jeunes, elle promeut également ce patrimoine immatériel qu’est la langue arabe, à travers ses cours de langue pour enfants et adultes, comme à travers ce moment de récréation et de pure réjouissance: la fête! Le but est juste de familiariser le public avec les multiples facettes d’une langue de communication et de culture, ouverte sur les autres.

Il s'agit de la 3eme édition de la semaine de la langue arabe, comment jugez-vous l'évolution de la participation à l'évènement au long de ces années?

L'idée a dès le départ rencontré l'enthousiasme de tous mes collègues, qui y ont contribué activement mais il est vrai qu'avec le temps l’idée agrège chaque fois de nouvelles suggestions, souvent originales, et favorise de nouvelles festivités. Le public répond massivement présent, ce qui montre qu’il y a une vraie demande à cet égard.

Existe-t-il des nouveautés par rapport aux deux précédentes éditions?

Oui, certainement, avec la splendide façade entièrement remise à neuf, des mots arabes illumineront les moucharabieh, tous les soirs à 19h, suivis d’un programme lumineux. C’est un spectacle à voir! Et pour la première fois, pendant une semaine, lors de leur circulation entre les espaces, les visiteurs seront enveloppés par les ondes musicales traditionnelles ou modernes, où la langue est très présente.

Nous essayons aussi de varier les événements ponctuels chaque année. Cette année, la projection en avant-première le jeudi 14 d’un documentaire sur la création de l’opéra Kalila wa Dimna nous montrera l’interaction de jeunes collégiens avec cette création artistique en arabe. Comment les adolescents perçoivent-ils ce monde à travers sa langue? Le jeudi, en partenariat avec la Maison de la poésie une représentation théâtrale d’un texte traduit en arabe (surtitré en français) de Valère Novarina sera également une première. Elle sera suivie d’une représentation en anglais, ce qui souligne l’ouverture de cette langue, et le dialogue qu’elle entend avoir avec les autres. Il y a également un colloque le samedi sur la langue des réseaux sociaux lors des printemps arabes.

Mais l’événement de la semaine est sans conteste le nouveau test de langue arabe sur ordinateur, Ev@lang, que l’on aura l’opportunité de passer gratuitement le samedi 16 avant qu’il ne soit mis en vente. Il n’est pas nécessaire d’avoir un niveau très avancé pour le passer. Le but est justement de déterminer quel est son niveau, selon le Cadre européen de référence pour les langues (de A1 à C2).

Les autres activités sont connues mêmes si elles prennent une plus grande ampleur. Les conversations franco-arabes autour d’un thé et d’une pâtisserie ou les démonstrations de calligraphies relayées sur écran samedi et dimanche.

Le Centre de langue et de civilisation arabe que vous dirigez, prévoit la conception d'un diplôme certifiant de langue arabe, à l'image du test TOEFL pour l'anglais. Pouvez-vous nous en dire plus?

L’évaluation dans tous les domaines est aujourd’hui un enjeu majeur dans le monde professionnel. Pour financer une formation, on exige des parcours certifiants. Le Centre de langue s’est lancé dans deux projets novateurs, celui du test de positionnement à destination de l’entreprise, Ev@lang, 100% en ligne (en partenariat avec le Centre International d’Etudes Pédagogiques) dont je vous parlais à l’instant, et celui d’une certification, s’adressant à tous, adultes et grands adolescents qui désirent faire valoir leur niveau en langue arabe.

Nous lançons avec quelques centres d’examen, dans différents pays, une phase pilote en juillet 2018. Elle devrait être suivie assez rapidement d’une première version opérationnelle. Il est temps que la langue arabe soit traitée comme toutes les autres grandes langues vivantes et valorisée par un certificat largement reconnu.

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