MAROC
29/11/2017 11h:01 CET | Actualisé 01/12/2017 07h:32 CET

Yoriyas raconte l'histoire derrière les photos de sa série "Casablanca not the movie"

PHOTOGRAPHIE - Des scènes casablancaises se sont glissées dans le paysage automnal du sud-est de la France. En déambulant sur les berges du Rhône, les passants pourront admirer les images prises par Yassine Alaoui Ismaili, plus connu sous le nom de Yoriyas, qui a su traduire en photographies l’esprit de la ville blanche. Dans le cadre du festival “Présence(s) Photographie”, le jeune casablancais exposera au bord du fleuve dans les villes de Meysse, Rochemaure et au Teil, mais aussi au Studio l’œil écoute, jusqu’au 31 décembre, 35 photos d’1 mètre sur 1m50 de sa série “Casablanca, not the movie” ("Casablanca, pas le film").

présences photographie

“D’où viens-tu?”, une question que Yoriyas entendait fréquemment lorsqu’il voyageait avec sa troupe de danse hip hop “Lhiba Kingzoo" pour des compétitions et des performances internationales de breakdance.

“À chaque fois que je leur disais 'I’m from Casablanca', on me répondait: 'Oh Casablanca, like in the movie!'”, raconte Yoriyas au HuffPost Maroc. Cette réponse irritait le photographe qui a créé cette série pour faire découvrir aux autres sa ville d’origine, ses habitants, sa plage, son désordre et ses embouteillages, loin des clichés du film de Michael Curtiz.

Le photographe s’était d’abord lancé dans une carrière de danseur professionnel de hip hop à laquelle il a dû mettre fin après une grave blessure au genou. Aujourd'hui, il accompagne chacune de ses expositions d’une performance de danse hip-hop contemporaine. "Je ne vais pas laisser tomber 15 ans de danse professionnelle", déclare-t-il.

Yoriyas s’était naturellement épris de la photographie lors de ses nombreux voyages. Cette forme d’art lui a paru comme une continuation de la danse en devenant un autre moyen d’expression. “Je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de temps libre sans mes heures d’entraînement de danse. J’ai donc commencé à me balader dans les rues de Casablanca, un appareil photo à la main”, continue-t-il. 

“Je voulais montrer au monde le vrai Casablanca fait de contrastes et en même temps de fusions entre les couleurs, les paysages et les classes sociales. Casablanca, c’est désorganisé, et beaucoup de choses s’y passent en même temps”, explique-t-il.

Yoriyas a su capturer ces brefs moments qui arrivent sans que personne n’y prête attention. Dans ce diaporama, le photographe nous révèle l’histoire derrière chaque photo.

"Chaque personnage dans une photo détient une petite histoire à lui, mais en prenant du recul et en regardant la photo en entier, on peut arriver à imaginer une plus grande histoire qui lie tous les éléments de la photo."

Casablanca, not the movie

"J’essaie toujours de rester invisible aux yeux des gens lorsque je les prends en photo", explique Yassine. "L’important c’est de garder un esprit positif. Je n’essaie pas de prendre les gens dans des situations délicates ou de me moquer d’eux à travers mes photos. Je veux juste les présenter dans leur espace et montrer Casa telle qu’elle est, loin des guides de tourisme ou des documentaires sur le taux de crime ou d’agression dans la ville."

Yoriyas a déjà présenté ses photos à Paris, San Fransisco, Dubaï, Hamburg, Dublin, et bien d’autres villes encore en Europe. Si sa ville natale reste sa première source d’inspiration, le jeune photographe admet être beaucoup influencé par les œuvres de Hassan Hajjaj, non seulement dans son travail mais aussi dans "sa façon de voir la vie", explique-t-il. Le photographe maroco-britannique l’a d'ailleurs invité dans son riad à Marrakech, à partir du 25 février 2018, pour qu'il puisse exposer en solo pour la première fois au Maroc.

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