MAROC
18/10/2017 14h:05 CET

Liste des enseignants absents: Le brassard de la colère sera porté demain par le corps enseignant

Schoolchildren listen to a teacher as they study during a class in the Oudaya primary school in Rabat, September 15, 2015, at the start of the new school year in Morocco. Nearly three years after Taliban gunmen shot Pakistani schoolgirl Malala Yousafzai, the teenage activist last week urged world leaders gathered in New York to help millions more children go to school. World Teachers' Day falls on 5 October, a Unesco initiative highlighting the work of educators struggling to teach children amid intimidation in Pakistan, conflict in Syria or poverty in Vietnam. Even so, there have been some improvements: the number of children not attending primary school has plummeted to an estimated 57 million worldwide in 2015, the U.N. says, down from 100 million 15 years ago. Reuters photographers have documented learning around the world, from well-resourced schools to pupils crammed into corridors in the Philippines, on boats in Brazil or in crowded classrooms in Burundi.  REUTERS/Youssef BoudlalPICTURE 40 OF 47 FOR WIDER IMAGE STORY "SCHOOLS AROUND THE WORLD"SEARCH "EDUCATORS SCHOOLS" FOR ALL IMAGES
Youssef Boudlal / Reuters
Schoolchildren listen to a teacher as they study during a class in the Oudaya primary school in Rabat, September 15, 2015, at the start of the new school year in Morocco. Nearly three years after Taliban gunmen shot Pakistani schoolgirl Malala Yousafzai, the teenage activist last week urged world leaders gathered in New York to help millions more children go to school. World Teachers' Day falls on 5 October, a Unesco initiative highlighting the work of educators struggling to teach children amid intimidation in Pakistan, conflict in Syria or poverty in Vietnam. Even so, there have been some improvements: the number of children not attending primary school has plummeted to an estimated 57 million worldwide in 2015, the U.N. says, down from 100 million 15 years ago. Reuters photographers have documented learning around the world, from well-resourced schools to pupils crammed into corridors in the Philippines, on boats in Brazil or in crowded classrooms in Burundi. REUTERS/Youssef BoudlalPICTURE 40 OF 47 FOR WIDER IMAGE STORY "SCHOOLS AROUND THE WORLD"SEARCH "EDUCATORS SCHOOLS" FOR ALL IMAGES

ENSEIGNEMENT - Quelques jours après la publication de la liste des 611 enseignants absents, les syndicats de l’enseignement affiliés à l’UMT, l’UGTM et l’UNTM, décrètent ce jeudi 19 octobre "journée de colère".

"Si nous soutenons l’élan réformiste du ministre, nous n’approuvons pas, par contre, son approche qui n’est pas du tout participative. Nous sommes tout aussi convaincus qu’il n’y aura aucune évolution dans le secteur ni aujourd’hui, ni demain si on ne garantit pas au corps enseignants ses droits, à commencer par le respect de sa dignité", déclare au HuffPost Maroc, Miloud Maasid, le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, affiliée à l’UMT.

Pour lui, les enseignants n’ont pas à "payer la faillite du système éducatif", alors qu’ils sont appelés en même temps "à se mobiliser" pour sa réussite. "Nous sommes contre cette décision de publier la liste des enseignants absents, parce qu’elle n’a aucune base légale ou référent dans la fonction publique. Seul le règlement reconnu pour les absences est admis. La publication des noms est une violation de la vie privée et du secret médical", s’insurge-t-il.

"Violation du secret médical", les syndicats qualifient ainsi la publication de noms de personnes malades, atteintes, peut-être, de maladies de longue durée nécessitant donc des arrêts de travail conséquents. "Si certains souffrent de maladies, leur absence s'impose pour des raisons médicales. En plus, cette liste d'absence inclut les congés de maternité", indique ce syndicaliste.

Pour les syndicats, il est clair que la publication de cette liste a créé un climat de tension. "Nous sommes face à une ligne rouge!", s’exclame Miloud Maasid. Et de légitimer la décision des trois syndicats, à travers leur fédération d’enseignement, de protester, demain, par le port d’un brassard tout au long de la journée. Les enseignants observeront aussi des sit-in de courtes durées durant leurs pauses (à la matinée et dans l’après-midi), indiquent les syndicats dans un communiqué commun.

Dans ce dernier, les syndicats appellent le ministre à répondre aux revendications du corps enseignant en améliorant les conditions de son travail et à "ne pas amplifier la tension". Ils le mettent en garde, menaçant d’organiser de nouvelles démarches de protestations "si le ministère de l’Éducation nationale ne suspend pas sa persécution du corps enseignant et ses composants".

En attendant, le ministère campe sur ses positions

Le ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mohamed Hassad, lui, ne recule pas. Il a souligné, pas plus tard qu’hier, par la voie d’un communiqué, que les établissements scolaires sont tenus de publier les noms des enseignants absents, que ce soit une absence justifiée ou non, conformément aux dispositions de la note ministérielle n° 134 publiée le 26 juin 2010.

Répondant aux réactions contre la publication de cette liste, à partir de données collectées par le système "Massar", durant le mois de septembre dernier, le ministre trouve légitime sa décision. Pour lui, c’est un moyen d’informer les élèves, les parents, les tuteurs et tout le personnel de l’établissement scolaire, de ces absences en vue de prendre les précautions et les mesures nécessaires.

"La publication des listes d'enseignants absents permet de rectifier les contre-vérités qui circulent sur ces absences et qui avancent des chiffres erronés", précise le communiqué. Le département de M. Hassad veut montrer sa bonne foi en précisant que le nombre d’absents est moins important que le laisseraient entendre ces "chiffres erronés". "Les données publiées par le ministère révèlent que plus de 99 % du corps enseignant travaillent d’une manière normale et sans aucune absence", conclut le ministère.

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