TUNISIE
03/10/2017 11h:42 CET | Actualisé 03/10/2017 11h:43 CET

Tunisie: Plus de la moitié des personnes arrêtées pour immigration clandestine puis graciées sont revenues en Italie dénonce un député de l'extrême droite européenne

Handout . / Reuters
Migrants sit in their boat during a rescue operation of 219 migrants by Italian naval vessel Bettica (not seen) in this February 23, 2016 handout picture provided by Marina Militare. More than 700 migrants were rescued from six leaky boats in the sea between Tunisia and Sicily on Tuesday and four were found dead, the Italian navy said. REUTERS/Marina Militare/Handout via Reuters ATTENTION EDITORS - THIS PICTURE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. REUTERS IS UNABLE TO INDEPENDENTLY VERIFY THE AUTHENTICITY, CONTENT, LOCATION OR DATE OF THIS IMAGE. FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. THIS PICTURE IS DISTRIBUTED EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS.

Angelo Ciocca, député au parlement européen et chef du controversé parti politique italien "La Ligue du Nord" (souvent décrit comme populiste, voire xénophobe), a annoncé au quotidien national italien Secolo d'Italia, que "sur 1600 prisonniers détenus en Tunisie pour immigration clandestine et graciés par le président de la république, au moins la moitié sont déjà de retour en Italie".

Alors qu'il s'était rendu à Sfax en Tunisie pour en savoir plus sur les nouveaux itinéraires des migrants africains après le renforcement du contrôle au niveau des côtes libyennes, Ciocca raconte comment certains prisonniers tunisiens sont contactés à leur sortie de prison par des passeurs qui leurs proposent un retour "sûr" en Italie au tarif de trois mille dinars tunisiens, rapporte Secolo d'Italia.

Dans un tweet comprenant un lien vers la vidéo de sa visite à Sfax, Angelo Ciocca ne s'est pas empêché de qualifier l'immigration clandestine tunisienne d'"invasion".

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"Les prisonniers fraîchement libérés "s'organisent pour trouver l'argent et repartent aussitôt", aurait déclaré Ciocca au quotidien italien, soulignant qu'il a été établi que des Tunisiens sont à l'origine de la plupart des attaques terroristes perpétrées en Europe ces dernières années.

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Secolo d'Italia revient également sur l'arrestation, le 28 septembre 2017, du "plus grand organisateur" d'immigration clandestine de Sfax. Cet individu serait recherché depuis longtemps par la Police et a été capture dans la région de Sidi Mansour lors d'un guet-apens.

Dans un article publié par le journal électronique italien Il Populista -un média d'extrême droite-, Angelo Ciocca se serait rendu sur rendez-vous à l'ambassade de Tunisie à Rome pour "demander des explications" sur le phénomène des débarquements de migrants tunisiens sur les côtes italiennes, devenus fréquents cette année, mais il aurait trouvé l'ambassade "fermée".

Selon le même site web, le député Ciocca aurait voulu rencontrer l'ambassadeur tunisien pour parler du problème des détenus tunisiens qui reviennent en Italie après leur libération.

Dans le même contexte, le porte-parole de la Garde Nationale tunisienne, Khalifa Chibani a déclaré à l'agence de presse Reuters que le nombre de tentatives d'immigration clandestine a nettement augmenté cette année, et cela serait dû à la "propagande des passeurs faisant la promotion de la Tunisie comme le point de départ le plus sûr pour les migrants".

Selon Reuters, les trafiquants d'êtres humains utilisent de plus en plus la Tunisie comme point de départ pour les migrants en direction de l'Europe, après que les garde-côtes libyens, aidés par des groupes armés, ont renforcé les contrôles.

Selon l'ONU, plus de 5.000 personnes ont trouvé la mort l'an dernier en tentant de traverser la Méditerranée pour gagner l'Europe, pour la plupart depuis la Libye, pays où les réseaux de passeurs profitent du chaos politique et sécuritaire.

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