TUNISIE
15/09/2017 10h:20 CET | Actualisé 15/09/2017 12h:58 CET

Le FTDES appelle à aménager un cimetière pour les migrants clandestins morts à Zarzis

MAHMUD TURKIA via Getty Images
EDITORS NOTE: Graphic content / The bodies of illegal migrants are seen lying on the beach in Garabulli, east of the capital Tripoli, on October 6, 2016 after their boat capsized off the shore of Libya. With its 1,770 kilometres (1,100 miles) of coastline, Libya has become a hub for illegal migration towards Europe, lacking proper border controls in a country plunged into chaos. / AFP / MAHMUD TURKIA (Photo credit should read MAHMUD TURKIA/AFP/Getty Images)

IMMIGRATION CLANDESTINE- Le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES) appelle, via un communiqué publié le 14 septembre, le gouvernement tunisien à assumer ses responsabilités et intervenir rapidement afin d’attribuer un des terrains appartenant à l’Etat ou à la municipalité de Zarzis (gouvernorat de Médenine), comme cimetière pour les victimes d’immigration clandestine. Le communiqué est intitulé "Jusqu’à quand enterrerons-nous les morts dans une décharge municipale ?"

Ils sont, en effet, plusieurs à échouer sur la plage, et ce, depuis dix ans. Chemseddine Marzoug, un volontaire au Croissant rouge à Zarzis, qui s'est chargé les migrants, raconte au HuffPost Tunisie, qu'il a vu l'"l'horreur", pendant ces dernières années. "Des cadavres engloutis des jours et des semaines au fond de la mer, vous pouvez imaginer leur état", a-t-il expliqué.

Les migrants, dont l'écrasante majorité sont des Africains, ont embarqué des côtes libyennes frontalières espérant rejoindre l'"eldorado européen". Le carré où Chemseddine les enterrent ne suffit plus.

Chemseddine soupçonne un fondement raciste à la marginalisation nationale et internationale de cette question: "Certains pensent qu'ils sont moins que rien", fustige-t-il.

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"Entre l'examen du médecin légiste, l'ordre d'enterrement, le va-et-vient pour obtenir les papiers nécessaires des autorités locales et l'exécution lente de la municipalité dont le rôle consiste à ce qu'un agent en pelleteuse vienne creuser la tombe. Les choses traînent. On fait face à la bureaucratie et à la nonchalance de certains qui ne font pas le travail pour lequel ils sont payés", dénonce le volontaire au Croissant rouge.

Le communiqué du FTDES vient appuyer les appels des bénévoles qui travaillent sur le sujet à Zarzis, en appelant le gouvernement à coordonner avec les associations tunisiennes et internationales qui se sont proposées pour l’aménagement du cimetière et se pencher sur la récolte des données concernant les corps des migrants recueillis en Tunisie et les enregistrer dans des bases de données accessibles pour les institutions concernées et permettant à leurs familles de connaitre leur sort.

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