TUNISIE
06/04/2017 08h:17 CET

Le réalisateur Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche privé de festival de Cannes

(To go with AFP interview by Anca Teodorescu) French Tunisian director Abdellatif Kechiche looks on during a press conference after the first screening of his movie 'La Vie d'Adele' at Studio cinema in Bucharest on October 29, 2013. The 'paternalistic' finance French cinema hinders creative freedom, regretted in an interview with AFP Abdellatif Kechiche, winner of Palme d'Or in Cannes for 'La Vie d'Adele' hoping that France will be inspired by US model. AFP PHOTO DANIEL MIHAILESCU        (Photo credit should read DANIEL MIHAILESCU/AFP/Getty Images)
DANIEL MIHAILESCU/AFP/Getty Images
(To go with AFP interview by Anca Teodorescu) French Tunisian director Abdellatif Kechiche looks on during a press conference after the first screening of his movie 'La Vie d'Adele' at Studio cinema in Bucharest on October 29, 2013. The 'paternalistic' finance French cinema hinders creative freedom, regretted in an interview with AFP Abdellatif Kechiche, winner of Palme d'Or in Cannes for 'La Vie d'Adele' hoping that France will be inspired by US model. AFP PHOTO DANIEL MIHAILESCU (Photo credit should read DANIEL MIHAILESCU/AFP/Getty Images)

CINÉMA - Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche, Palme d'Or en 2013 pour "La vie d'Adèle", ne pourra pas présenter le double film auquel il travaille lors du prochain festival de Cannes, bloqué par un problème de contrat avec France Télévisions, a-t-il indiqué dans une interview à Nice-Matin.

"Nous pleurerons le 28 mai quand le festival sera terminé. Mais nous aurons un espoir: Cannes 2018", confie-t-il au quotidien de sa ville d'enfance, regrettant de ne pas pouvoir participer. "Je le souhaitais pour les jeunes acteurs et actrices que j'ai eu la chance de rencontrer et que j'ai fait rêver en leur disant que nous pourrions y aller".

"Personne ne m'attaque et je n'attaque personne, il est nécessaire d'éclaircir la situation", a ajouté le cinéaste qui travaille à une adaptation d'un roman de François Bégaudeau, "La blessure, la vraie". Le réalisateur a fait évoluer son projet vers "quelque chose de beaucoup plus romanesque", "une sorte de saga familiale (...), de conte philosophique (...), ce qui a donné à l'arrivée deux films indépendants l'un de l'autre", intitulés "Les dés sont jetés" et "Pray for Jack". "L'un traite d'une quête de la lumière et l'autre de sa perte. Et un troisième volet n'est pas exclu", dit-il.

Un cas de jurisprudence

"J'avais signé avec plusieurs partenaires financiers: France Télévisions, Canal+, Pathé Films. Je m'étais engagé pour un film. À l'arrivée, il y en a deux. Cela sort du cadre normal, ce qui a posé un problème avec les contrats. Surtout à France Télévisions", dit-il en avouant comprendre la position de France Télévisions "dans la mesure où c'est de l'argent public".

"D'où la nécessité de régler les choses devant le tribunal de grande instance de Paris. Je le dis sans animosité. Il s'agit d'un cas de jurisprudence, je ne vois tout simplement pas d'autre solution que de s'adresser à la justice. (...) Malheureusement cela rend impossible toute projection pour le moment", conclut Abdellatif Kechiche.

Toujours en mal de financement, qu'il indique trouver plus facilement à l'étranger qu'en France, il travaille aussi à deux autres films dont il va entamer le tournage en juin puis en août, entre l'Italie, le Portugal et la Tunisie: un road movie intitulé "L'Agneau de Dieu" et "Sœur Marguerite" inspiré de la vie d'une poète condamnée au bûcher au 14e siècle.

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