13/02/2017 08h:42 CET | Actualisé 13/02/2017 08h:56 CET

Compensation : le budget de l'État respire !

Reuters

ÉCONOMIE- Si l’opposition et les principales centrales syndicales ont largement utilisé la hausse des prix du carburant pour leitmotiv de leurs charges contre le gouvernement, les résultats financiers de l’État démontrent que son budget se porte mieux. "Sur le plan budgétaire, cette décompensation a permis de freiner l’hémorragie budgétaire et par induction l’hémorragie de la dette. Les marges dégagées à travers cette réforme ont permis, dans un premier temps, de ramener les dépenses aux seuils autorisés par la Loi de finances et d’apurer tous les arriérés cumulés lors des années antérieures", indique le rapport sur la compensation accompagnant la Loi de finances.

Sans le fardeau de la compensation des carburants, le projet de Loi de finances relatif à l’exercice 2017 prévoit une dotation totale de 14,6 milliards de DH au titre de la compensation, contre 15,5 milliards en 2016, année durant laquelle la charge pourrait se limiter à 11,4 milliards de DH, compte tenu de la baisse des cours. On est donc loin des 56 milliards de DH dépensés au titre de l’année 2012.

"L’évolution du marché international a démontré la non-pérennité du système de compensation et a compromis la visibilité des prévisions budgétaires et l’exécution normale de la dépense publique", pour motiver la libéralisation du prix des carburants, le gouvernement ne passe par quatre chemins : il faut faire des économies. Si la réforme a commencé en 2013 avec un premier système d’indexation (une compensation allégée et basée sur l’évolution du marché international), le marché des combustibles est régi, depuis le 1er décembre 2015, par la loi de l’offre et la demande.

Les consommateurs du supercarburant ont profité de cette nouvelle donne puisque le prix du "sans-plomb" a atteint son plus haut niveau en juillet 2014 (13,68 DH/L), depuis, il connait une baisse continuelle suite à la chute des cours pétroliers, et se situe toujours à un niveau inférieur à sa pré-indexation. Les utilisateurs du gasoil, plus nombreux (plus de 65% du marché), n’ont pas bénéficié du système puisque, mis à part quelques baisses du cours international, il est au dessus du niveau de pré-indexaton. Un constat «normal» selon l’étude du ministère de l’Economie et des Finances sur la compensation puisque le gasoil était bien plus subventionné que l’essence (4 DH/L contre 2,3 DH/L).

Les subventions s’allègent

Trois produits demeurent cependant subventionnés par l’État : le Gaz butane, le blé tendre et le sucre blanc. Pour le premier, la part subventionnée a connu un allègement, en passant de près de 70% du prix réel à 52% en 2015 et 45% en 2016. Malgré la hausse de consommation du gaz butane, qui a doublé entre 2002 et 2015 avec un accroissement annuel moyen de l’ordre de 5%, la charge de compensation s’est élevée à 8,65 milliards de DH en 2015, contre 13 à 14,7 milliards de DH entre 2011 et 2014. Même constat du côté de la farine de blé tendre, dont la charge de compensation est passée au titre de l’année 2015 à 1,52 milliard de DH, accusant ainsi un repli de 28% par rapport à l’année dernière et de 55% par rapport à 2011. La charge au titre de l’année 2016 pourrait s’élever à 1,2 milliard, soit une légère baisse en comparaison à l’année précédente.

Ainsi, même pour les produits toujours subventionnés, la charge de compensation connaît une baisse globale, certes essentiellement conjoncturelle mais qui profitent au budget global de l’État, puisque ce dernier a connu, pour la première fois depuis 2012, un solde positif.

LIRE AUSSI: