TUNISIE
08/02/2017 04h:51 CET

7 novembre 1987, selon Habib Ammar: "Ce n'était pas un coup d'Etat et Ben Ali a refusé d'exécuter Ghannouchi"

FILE - In this Monday, Jan. 24, 2011 picture, protestors burn a photo of former President Zine El Abidine Ben Ali during a demonstration in Tunis, Tunisia against holdovers from Ben Ali's regime in the interim government. In late January 2011, Tunisians have a chance to do what was undreamable weeks earlier: Build a democracy from the ground up. This Arab nation of 11 million has started a revolution against longtime authoritarian regimes that has already spread to the powerful regional giant, Egypt, and to the impoverished but well-armed Yemen. What is not clear is where Tunisia's experiment will end. (AP Photo/Christophe Ena)
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Monday, Jan. 24, 2011 picture, protestors burn a photo of former President Zine El Abidine Ben Ali during a demonstration in Tunis, Tunisia against holdovers from Ben Ali's regime in the interim government. In late January 2011, Tunisians have a chance to do what was undreamable weeks earlier: Build a democracy from the ground up. This Arab nation of 11 million has started a revolution against longtime authoritarian regimes that has already spread to the powerful regional giant, Egypt, and to the impoverished but well-armed Yemen. What is not clear is where Tunisia's experiment will end. (AP Photo/Christophe Ena)

Suite à la publication de son livre intitulé ‘Parcours d’un soldat : Entre le devoir et l’espoir – 7 novembre 1987 Eclairages sur les événements’, le général Habib Ammar était l'invité de nombreux médias tunisiens.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, il a tenté d’expliquer que le coup d’Etat du 7 novembre 1987 n’était pas un putsch mais une tentative pour sauver l’Etat tunisien. Indiquant qu’à l’époque, le pays vivait une instabilité politique, sécuritaire et économique prononcée, Habib Ammar a confié que Ben Ali et lui-même étaient au courant de la tentative de putsch que préparaient les Frères musulmans pour le 8 novembre de la même année.

Selon la version de Habib Ammar, Ben Ali aurait infiltré des hommes auprès des frères musulmans et, une fois leur plan cerné, il l’aurait mis en échec en le précédant de vingt-quatre au niveau de l’action.

Intervenant, mardi, sur les ondes de la radio Shems FM, le général Ammar est revenu sur la période où Rached Ghannouchi qui était emprisonné et condamné à mort. Selon l’intéressé, les militants du mouvement islamiste avaient non seulement prévu un coup d’Etat mais, aussi, ils auraient mis en place un plan pour assassiner le président de la République, Habib Bourguiba. Ben Ali et Habib Ammar auraient donc décidé de passer à l’acte afin de sauver la pays d’un bain de sang inévitable, a déclaré l'ancien collaborateur du président déchu.

Invité de la radio Cap FM, le général Ammar, répondant à la question de l’animateur, a assuré que Ben Ali et lui comptaient se suicider si jamais leur plan venait à échouer : "de part nos formations militaires, nous n’avions, à aucun moment, pensé à nous enfuir en cas d’échec. J’avais mon pistolet sur moi et Ben Ali, entouré des ministres de l’époque chez lui, avait posé le sien sur la table. Si on avait échoué, on se serait suicidés pour préserver nos familles respectives".

En ce qui concerne la période où Ben Ali était Premier ministre avec Habib Bouguiba, Habib Ammar a assuré que le président lui avait demandé d'exécuter Rached Ghannouchi, chose que Ben Ali a refusé craignant, toujours, "un bain de sang sans limite pour le pays".

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.