MAROC
01/02/2017 11h:15 CET | Actualisé 01/02/2017 13h:53 CET

Les enseignants des lycées français au Maroc mobilisés contre la suppression du bac pro

Les profs en colère contre la suppression du bac pro dans les lycées français
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Les profs en colère contre la suppression du bac pro dans les lycées français

ÉDUCATION - La mobilisation portera-t-elle ses fruits? Depuis une semaine, les enseignants des lycées Descartes à Rabat et Lyautey à Casablanca se mobilisent pour sauvegarder la filière professionnelle du baccalauréat.

La décision de supprimer le bac pro dans les lycées français du Maroc a été notifiée en juillet dernier par la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO), antenne de l'éducation nationale française au sein de l'AEFE (l'agence pour l'enseignement français à l'étranger). Depuis, la colère gronde dans le corps professoral.

"Aucune homologation"

"Le motif invoqué prêterait à rire s'il n'était pas aussi lourd de conséquences", indiquent les professeurs du bac pro commerce de Descartes dans un communiqué. 22 ans après la création de ces voies professionnelles, la DGESCO aurait découvert qu'il n'y aurait eu "aucune homologation" des diplômes délivrés par cette filière.

"Le bon sens voudrait que l'AEFE régularise au plus vite cette broutille mais elle entérine par son silence cette décision de fermeture", estiment les professeurs.

Selon une enseignante du lycée Descartes contactée par le HuffPost Maroc, "ce qui poserait problème, c'est que les épreuves du baccalauréat professionnel viennent de France et non du Maroc comme pour les filières générales", explique-t-elle.

La suppression du baccalauréat professionnel, qui accueille chaque année 200 élèves dans les lycées français du Maroc, risque de pénaliser les jeunes qui ont des difficultés à intégrer les filières générales pour lesquelles ils ne sont pas forcément adaptés.

"On craint un décrochage scolaire"

Selon l'enseignante, le profil socio-économique des élèves a en effet changé depuis quelques années, et les classes sont de plus en plus hétérogènes. "Nous avons beaucoup de franco-marocains qui arrivent de France et peinent à entrer dans les filières générales", explique-t-elle.

"Si le bac pro est supprimé, ils seront absorbés dans ces filières mais on craint un décrochage scolaire", ajoute l'enseignante. "Quelles autres solutions s'offrent aux élèves qui ne peuvent aller en filière générale? Partir suivre une voie professionnelle en France alors que leur famille est au Maroc? Intégrer un lycée au Maroc où les cours sont donnés en arabe alors qu'il n'ont souvent pas le niveau dans cette langue? C'est insensé", déplore-t-elle.

Après le succès de la grève menée mardi 31 janvier par les professeurs et responsables pédagogiques des lycées français, une grosse réunion du comité technique est prévue jeudi 2 février pendant laquelle la question sera abordée.

"On a un peu d'espoir côté politique. Nous avons fortement mobilisé les élus français de l'étranger, et ce serait même remonté jusqu'à la ministre française de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem", explique l'enseignante.

En attendant, les professeurs et syndicats des enseignants mobilisés continuent de porter un brassard orange pour marquer leur opposition à la suppression d'une filière qu'ils jugent indispensable.

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