TUNISIE
27/01/2017 13h:52 CET

La présidence du gouvernement émet une note polémique: Chahed accusé de bloquer l'accès aux informations

Tunisia's premier-designate Youssef Chahed sits in his office before giving a press conference to present his proposed new unity government list after he submitted it to the president on August 20, 2016 in Carthage, near the capital Tunis. 
Chahed, a 40-year-old former local affairs minister and member of the Nidaa Tounes party, had been given 30 days to form a cabinet. If his cabinet wins the backing of parliament, Chahed will become the North African country's youngest premier since independence from France in 1956.
 / AFP / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
Tunisia's premier-designate Youssef Chahed sits in his office before giving a press conference to present his proposed new unity government list after he submitted it to the president on August 20, 2016 in Carthage, near the capital Tunis. Chahed, a 40-year-old former local affairs minister and member of the Nidaa Tounes party, had been given 30 days to form a cabinet. If his cabinet wins the backing of parliament, Chahed will become the North African country's youngest premier since independence from France in 1956. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

La présidence du gouvernement vient de publier une nouvelle circulaire qui dispose que tous les agents de la Fonction publique doivent désormais s’adresser à leur hiérarchie afin d’obtenir une autorisation pour toute déclaration médiatique.

Ainsi, la circulaire numéro 4 du 16 janvier 2017 dispose qu’à part les porte-paroles, aucun autre fonctionnaire ou cadre n’a le droit de s’adresser aux médias qu’après avoir obtenu l’autorisation de son chef. Selon la présidence du gouvernement, cette décision a été prise afin de mieux organiser la communication et que le droit de l’accès aux informations des citoyens soit optimisé.

Le texte rappelle, aussi, que cette obligation est citée dans la déontologie du fonctionnaire public qui doit s’interdire toute communication publique qu’elle soit une déclaration ou la publication d’un document officiel. Pour finir, la circulaire a insisté sur l’importance du devoir de réserve que doit respecter chaque fonctionnaire public et ce afin de préserver les intérêts suprêmes du pays.

Quelques heures après la publication de ce texte, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a rendu public un communiqué où il a exprimé son étonnement quant au contenu du texte expliquant qu’il s’oppose radicalement au décret numéro 41 de l’année 2011 qui concerne le droit d’accès aux documents administratifs des structures publiques et à la nouvelle loi fondamentale numéro 22 de l’année 2016 relative au droit de l’accès à l’information. Le SNJT a estimé que la circulaire aura de grands impacts sur le travail des journalistes qui auront désormais beaucoup de mal à avoir les informations nécessaires pour les transmettre à leurs concitoyens.

Le SNJT a rappelé au gouvernement que le droit de l’accès à l’information est un droit garanti par la Constitution dans son article 34 qui donne le droit à tout citoyen, qu’il soit journaliste ou pas, d’accéder aux informations administratives et publiques dont il a besoin.

Le SNJT n’a pas été le seul à réagir; sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre entre ceux qui ont accusé Youssef Chahed d’avoir des affaires à cacher et ceux qui ont vu en cette circulaire un grave glissement vers ce que était le régime de Ben Ali.

Légende: "Celle là, même le président de la Corée du Nord ne l'a pas encore mise en place"

Légende: "Ils ont dit qu'on a fait une révolution...Ah bon...quand ça?"

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