TUNISIE
16/01/2017 13h:16 CET | Actualisé 13/05/2017 12h:04 CET

"Je veux parler d'un Islam dont on n'entend pas parler" clame Faouzia Charfi (vidéo)

Capture d'écran/Youtube MOE

"Sacrées questions... pour un Islam d'aujourd'hui" c'est le titre du nouvel ouvrage de la physicienne et professeure à l'université de Tunis, Faouzia Charfi.

Invitée dans l’émission télé Maghreb-Orient Express (#MOE) sur TV5 Monde, Mme Charfi a évoqué la question épineuse et d'actualité de l’Islam politique.

Mme Charfi est revenue sur une anecdote vécue le jour où ses étudiants ont remis en question des contenus scientifiques. "Petit à petit, j'ai réalisé le poids de l'Islam politique dans la formation de nos jeunes,"a-t-elle dit en soulignant la déformation de la perception de ces jeunes de l’Islam et leur relation à la science. La science a été très présente dans le monde arabo-musulman pendant plusieurs siècles, a-t-elle expliqué.

Dans son livre, Mme Charfi a dévoilé la tendance de certains partis qui veulent faire de l’Islam un courant politique, s’axant sur les hadiths et la charia comme référentiel islamique au lieu de se référer au Coran. “Ils s’orientent vers ce que les hommes ont construit (...) ce qui fait oublier ce qu’a dit le Coran,” a-t-elle indiqué.

Le Coran ne dit pas : tuez l'apostat ...

Mme Charfi a cité des exemples qui révèlent selon elle, “la déformation du message prophétique” notamment l’exemple de l’apostat. Elle a affirmé qu’il n'existe aucun texte coranique qui ordonne explicitement la lapidation des femmes adultères. Elle a indiqué que certaines pratiques sont ancrées dans les traditions.

Repenser les traditions et relire “autrement” le Coran

“Il faut repenser les traditions” a martelé Mme Charfi en appelant à avoir un regard critique, à le faire relire par les penseurs arabes, les islamologues et les historiens. “Il faut faire face à l’Islam véhiculé par internet qui n’est pas du tout l’Islam apaisé, libre et responsable,” a-t-elle ajouté.

Faouzia Charfi, née Faouzia Rekik, est une universitaire, professeur de physique et ancienne secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur du gouvernement provisoire issu de la révolution du 14 janvier 2011.Elle est notamment l'auteur de : La science voilée (Odile Jacob, mai 2013), un vibrant plaidoyer pour la science et l’autonomie de la pensée contre les visions dogmatiques imposées par les religions.

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