TUNISIE
02/01/2017 09h:03 CET | Actualisé 03/01/2017 10h:11 CET

Encombrement dans les prisons tunisiennes: Vers la révision du code pénal et l'adoption de peines alternatives?

Tunisian Defence Minister Ghazi Jeribi speaks during a press conference, on July 17, 2014 in the capital Tunis after assailants killed 14 Tunisian soldiers near the Algerian border in the worst such attack in the army's history as it presses a crackdown on jihadists. The attack took place in the Mount Chaambi region the previous day in the evening as the soldiers were breaking their day-long Ramadan fast. AFP PHOTO/FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
Tunisian Defence Minister Ghazi Jeribi speaks during a press conference, on July 17, 2014 in the capital Tunis after assailants killed 14 Tunisian soldiers near the Algerian border in the worst such attack in the army's history as it presses a crackdown on jihadists. The attack took place in the Mount Chaambi region the previous day in the evening as the soldiers were breaking their day-long Ramadan fast. AFP PHOTO/FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Le ministre de la Justice, Ghazi Jeribi, a livré, lundi 2 janvier 2017, lors de son allocution à l’Assemblée des Représentants du Peuple, quelques chiffres accablants reflétant la situation “catastrophique” des prisons tunisiennes.

Selon Jribi, l'encombrement dans les prisons tunisiennes a atteint des taux alarmants où la population carcérale a fortement dépassé la capacité d'accueil de certaines prisons. Il a indiqué que la capacité d'accueil enregistrée en 2016 à Kairouan était de +113%, +92% à Monastir, +65% à Sousse et +66% à Mornag, rapporte l'organisation Al Bawsala.

Jerbi a expliqué, dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, que cette situation qui résulte du cumul de dizaines d’années, s’est nettement dégradée après la révolution notamment suite aux incendies et aux actes de vandalisation.

Le ministre a noté que 50% des détenus sont en état d’arrestation, en précisant que parmi les 11868 personnes arrêtées figurent 358 femmes. Il a indiqué que le nombre des personnes arrêtées liées à la consommation de drogues et autre stupéfiants a atteint 6662 personnes dont 3982 condamnées et 2680 en attente de jugement. Il a fait savoir, d’autre part, que pour les crimes de vol, 3031 personnes sont placées en garde à vue et 2819 jugées. Concernant les crimes de meurtres, parmi les 2604 détenus 967 sont en garde à vue, a précisé Jeribi en ajoutant que le nombre de personnes impliquées dans des crimes de terrorisme et de blanchiment d’argent a atteint 1647 dont 1464 arrêtées.

Jeribi a souligné, d’autre part, la nécessité de revoir et réformer le système pénal et judiciaire. “La procédure de pénalisation va être repensée à travers la révision du code pénal,” a-t-il lancé en appelant à limiter la période d’arrestation et à la création des alternatives de pénalisation autres que les peines privatives de libertés. Il a évoqué la nécessité de mettre à niveau les prisonniers, et améliorer la situation des prisons et des agents.

Il est à noter que selon le ministre de la Justice, le taux de récidive après avoir passé une période de détention est de 39%: "Les prisons tunisiennes comptent 9210 récidivistes" a t-il affirmé.

Enfin, le coût de chaque prisonnier par jour atteindrai 32 Dinars tunisiens par jour selon le ministre.

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