MAROC
27/12/2016 11h:50 CET | Actualisé 27/12/2016 11h:50 CET

Abbas El Fassi désavoue publiquement Hamid Chabat

PARTIS POLITIQUES - Hamid Chabat dos au mur? Alors que la sortie du bureau exécutif du parti de l'Istiqlal, hier, visait à donner une impression d'unité et de consensus autour du secrétaire général du parti, voilà qu'un poids lourd de l'Istiqlal vient pourfendre en public Chabat.

Dans le champ politique marocain, le corporatisme régnant au sein de l'Istiqlal passerait presque pour proverbial. C'est une chose connue: ce qui se passe généralement au sein de l'Istiqlal reste à l'Istiqlal, les leaders du parti rechignant généralement à sortir de leur réserve.

Quand un ancien secrétaire général du parti, ancien premier ministre qui plus est, effectue une sortie publique pour admonester Hamid Chabat, c'est que la situation au parti est pour le moins tumultueuse.

Dans une mise au point diffusée ce mardi 27 décembre, Abbas El Fassi a déclaré que les déclarations de Hamid Chabat sur les circonstances de la formation du gouvernement en 2012 sont "fausses et infondées".

Selon Hamid Chabat, qui est revenu le 24 décembre sur les circonstances de la formation du gouvernement Benkirane I, en 2012, "le comité exécutif du parti de l’Istiqlal avait décidé d'éteindre les téléphones si certaines conditions revendiquées par le parti n'étaient pas satisfaites, dont l’obtention du ministère de l’Equipement et du transport ainsi que d’autres secteurs importants, et que si ces conditions ne sont pas remplis, l'Istiqlal n'allait pas faire partie du gouvernement".

Hamid Chabat a ajouté que "ce qui s'était passé était l'arrivée de Fouad Ali El Himma et feue Zoulikha Nasri au domicile du secrétaire général du parti de l’Istiqlal (à l'époque Abbas El Fassi ndlr), qui lui avaient remis la liste des ministres du parti".

"Le parti a payé cher son retrait du gouvernement"

Dans sa mise au point, Abbas El Fassi assure que "les propos de M. Hamid Chabat sont faux et infondés et n'affecteront en rien ma crédibilité ainsi que celle de Fouad Ali El Himma et de feue Zoulikha Nasri.

"S'agissant du gouvernement formé par Abdelillah Benkirane en 2012, j'ai mené les discussions, au côté de deux membres du comité exécutif après la décision unanime du Conseil national du parti pour la participation au gouvernement", lit-on dans la mise au point, dans laquelle Abbas El Fassi tient à souligner que "pour les quatre gouvernements auxquels le parti de l'Istiqlal a participé ou avait conduit, toutes les parties étaient soucieuses de respecter la constitution dans son texte et son esprit".

Rappelant que l'Istiqlal n'a pas géré le ministère de l'Equipement dans le gouvernement Benkirane I, Abbas El Fassi considère que "le retrait du parti de l’Istiqlal en 2013 du gouvernement était incompréhensible pour les militants et pour l’opinion publique", et que "le parti a payé cher son retrait du gouvernement comme l’ont prouvé les résultats des dernières élections communales et législatives".

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