TUNISIE
22/12/2016 03h:27 CET

Depuis l'affaire du journaliste Israélien: Pression croissante sur les journalistes, le Syndicat s'inquiète

KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images
Journalists stand in front of the Riu Imperial Marhaba Hotel in Port el Kantaoui, on the outskirts of Sousse south of the capital Tunis, on June 27, 2015, in the aftermath of a shooting attack on the beach resort claimed by the Islamic State group. The IS group on June 27 claimed responsibility for the massacre in the seaside resort that killed nearly 40 people, most of them British tourists, in the worst attack in the country's recent history. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD (Photo credit should read KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images)

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a déploré, mercredi, les pressions croissantes exercées sur les journalistes tunisiens et les correspondants des médias étrangers sur fond de la couverture médiatique, par un journaliste israélien en Tunisie, de l’assassinat de l’ingénieur Mohamed Zouari.

Le syndicat a cité, dans un communiqué, la journaliste de l’Agence TAP Raoudha Boutar qui a été empêchée, mardi, de couvrir un mouvement de protestation à Ben Guerdane, gouvernorat de Médenine, et le journaliste Amenallah Missaoui qui a été interdit mercredi de filmer dans la Place Jeanne-d’Arc à Tunis.

La majorité des médias étrangers ont été harcelés lors de la couverture, mardi, d’un rassemblement pacifique devant le théâtre municipal de Tunis pour dénoncer l’assassinat de Mohamed Zouari, ajoute le syndicat.

Selon le SNJT, le ministère de l’Intérieur s’emploie à “masquer l’échec de son bilan sécuritaire dans l’assassinat de Mohamed Zouari et la violation par un journaliste israélien de la souveraineté nationale”.

“Le ministère s’appuie sur l’argument sécuritaire pour porter atteinte au droit des journalistes d’exercer leur profession en toute liberté”, a déploré le syndicat.

Le SNJT a, par ailleurs, imputé la responsabilité de la poursuite de telles pratiques au ministre de l’Intérieur, rappelant les autorités tunisiennes des engagements faits par l’Etat dans ce secteur, notamment la signature du président de la République de la Déclaration arabe pour la liberté de la presse le 26 août dernier.

Plusieurs journalistes ont subies des pressions ces derniers jours. En dehors de la journaliste de la TAP, Raoudha Boutar et d'Amenallah Missaoui, un journaliste polonais a été arrêté lundi pour avoir pris des photos sans autorisation du ministère de l'Intérieur aux alentours de la délégation de Regueb.

Mardi, c'était au tour d'un journaliste allemand d'être arrêté à Ben Guerdane.

La vidéo d'un journaliste israélien menant son enquête pour la 10eme chaine israélienne sur l'affaire de l'assassinat de Mohamed Zouari, tué jeudi dernier devant sa maison à Sfax, a soulevé la polémique en Tunisie. Entré sur le territoire avec un passeport allemand, en sa qualité d'écrivain, il avait réussi a filmer sans autorisations du ministère de l'Intérieur.

L'ambassadeur d'Allemagne en Tunisie a été appelé à s'expliquer auprès des autorités tunisiennes.

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