ALGÉRIE
18/12/2016 08h:25 CET | Actualisé 18/12/2016 11h:41 CET

Sonatrach: signature de contrats avec des sociétés espagnole et française dans le raffinage

A picture taken on February 8, 2015, shows the headquarters of Algeria's state-owned energy giant Sonatrach in the capital Algiers. Sonatrach plans to invest at least $70 billion over the next 20 years to exploit shale gas in the southern desert. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE        (Photo credit should read FAROUK BATICHE/AFP/Getty Images)
FAROUK BATICHE via Getty Images
A picture taken on February 8, 2015, shows the headquarters of Algeria's state-owned energy giant Sonatrach in the capital Algiers. Sonatrach plans to invest at least $70 billion over the next 20 years to exploit shale gas in the southern desert. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE (Photo credit should read FAROUK BATICHE/AFP/Getty Images)

La compagnie nationale Sonatrach a signé, dimanche à Alger, deux contrats avec une société espagnole et une autre française dans le domaine de raffinage des hydrocarbures.

Le premier contrat a été signé avec la société espagnole Engineering Tecnicas Reunidas Internacional pour la réalisation d'études d'ingénierie de base du projet d'hydrocraquage du fuel et de traitement des excédents de naphta, issus de la raffinerie de Skikda.

Ce contrat a été signé par le vice-président de Sonatrach chargé de la liquéfaction, de raffinage et de pétrochimie, Akli Remini, et le vice-président d'Engineering Tecnicas Reunidas Internacional, Manuel Alabart Fernandez-Cavda

D'un montant de 5,59 millions d'euros en forfait pour l'ingénierie de base, et de 9,91 millions d'euros et de 88,32 millions de DA provisionnés pour les activités Project Management Consultancy (PMC), ce projet situé dans la zone industrielle de Skikda devra permettra de renforcer les capacités de production de Sonatrach en produits pétroliers raffinés afin de satisfaire les besoins actuels et futurs du marché national.

Avec une durée de réalisation de 34 mois, les unités d'hydrocraquage du fuel-oil et de reformage catalytique des excédents de naphta de la raffinerie de Skikda seront conçues pour une capacité de traitement annuelle en fuel-oil de 4,6 millions de tonnes et en excédents de naphta de 4 millions de tonnes, engendrant ainsi une production annuelle de 3,2 millions de tonnes de gasoil et de 3,5 millions de tonnes d'essences.

Le second contrat, d'une durée de 18 mois et d'un montant de 5,17 millions d'euros, a été attribué à la société française Amec Foster Wheeler.

Il porte sur l'élaboration d'études de base de type feed pour le projet Méthyl Tert Butyl Ether (MTBE) et l'assistance de Sonatrach dans l'analyse des offres techniques des soumissionnaires, dans le cadre de la sélection d'un contrat pour la réalisation du complexe MTBE.

Situé dans la zone industrielle d'Arzew, ce projet permettra le traitement annuel de 75.000 tonnes de méthanol et de 150.000 tonnes de butane, permettant une production annuelle de 200.000 tonnes de MTBE destinées à augmenter de 80 à 95% l'indice d'octane des essences produites par les raffineries de Sonatrach.

Ce second contrat a été paraphé par M. Remini et le P-dg d'Amec Foster Wheeler, Giussepe Zuccaro.

La cérémonie de signature s'est déroulée en présence notamment du P-dg de Sonatrach, Amine Mazouzi, ainsi que de l'ambassadeur d'Espagne à Alger, Alejandro Polanco.

Exportations des carburants à partir de 2020

Selon M. Mazouzi, la signature de ces deux contrats marque le lancement intégral du programme de raffinage de la Sonatrach, précisant que la concrétisation de ce programme permettra, à partir de 2020, non seulement de couvrir les besoins du marché national en carburants mais aussi de dégager des excédents à l'exportation.

Il a également souligné que ces projets exprimaient la volonté de Sonatrach de valoriser davantage les ressources en gaz naturel, en GPL et en produits raffinés pour renforcer le tissu industriel national par l'émergence d'industries de transformation, de PME-PMI ainsi que le dégagement d'une plus-value par l'exportation des excédents de production.

Pour sa part, l'ambassadeur d'Espagne à Alger s'est félicité de la concrétisation de ces deux projets "importants" pour les deux partenaires, estimant que cet accord consolidera les relations bilatérales entre l'Algérie et l'Espagne, déjà "excellentes" dans tous les domaines, notamment à l'approche de la tenue de la 7ème réunion de haut niveau entre les deux pays prévue en 2017 à Alger.

Par ailleurs, M. Polanco a tenu à féliciter le gouvernement "pour ses excellentes directives et démarches diplomatiques que l'Algérie a menées ces derniers mois pour renforcer une nouvelle politique de production au sein de l'OPEP afin d'arriver à des résultats qui renforcent la prévisibilité et la stabilité du marché pétrolier".

En marge de la cérémonie de signature, M. Remini a indiqué à la presse que la signature de ces deux contrats venait confirmer la qualité "appréciable" des relations entre Sonatrach et ses partenaires étrangers dont "l'objectif commun est de fonder des partenariats économiques gagnant-gagnant".

Selon lui, ces projets visent la création d'un maximum d'emplois et l'exploitation maximale des matières première nationales pour les besoins du marché local et pour l'exportation.

A ce propos, il a expliqué que le naphta et le fuel étant de moins en moins demandés sur les marchés internationaux, le mieux serait donc de les transformer en gasoil et en essence, à travers ces projets, pour les besoins du marché national et les valoriser.

L'année 2016 a été consacrée au lancement des études tandis que celle de 2017 sera dédiée à leur concrétisation, a-t-il avancé.

Sur ce point, il a fait savoir que depuis fin 2007, soit depuis que la consommation nationale a dépassé la capacité de production des raffineries du pays, l'Algérie a importé jusqu'à 2015 pour près de 20 milliards de dollars de carburants globalement. D'où l'intérêt de lancer ces projets, a-t-il soutenu.

"Nous avons un large programme de lancement de projets de raffinage. D'ailleurs, la facture d'importation des carburants ne dépassera pas un (1) milliard de dollars en 2016, contrairement aux années passées durant lesquelles nous en importions entre 2 à 3 milliards de dollars par an", a-t-il rappelé.

"Notre objectif est de convertir nos matières premières localement et d'autosatisfaire nos besoins en carburants à partir de 2018 et en devenir exportateur à partir de 2020", a-t-il avancé.

Il a aussi annoncé qu'un autre "grand projet" dans le raffinage sera annoncé au cours du premier trimestre 2017.

Il s'agit d'un projet d'extraction de kérosène (utilisé notamment pour l'alimentation des réacteurs d'avions), un produit largement demandé tant sur le marché national qu'international, et qui sera réalisé à Skikda début 2017, tandis que le partenaire étranger de ce projet sera désigné incessamment.

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