ALGÉRIE
16/12/2016 12h:11 CET | Actualisé 17/12/2016 06h:36 CET

Le conseil exécutif du FCE fait le bilan 2016 d'Ali Haddad une semaine après l'incident du forum africain

Facebook/FCE

Le conseil exécutif de l'organisation patronale, Forum des chefs d'entreprise (FCE) se tiendra bien samedi 17 décembre 2016 avec à l'ordre du jour le bilan de l'année 2016 et le plan d'action pour 2017, a-t-on confirmé de bonne sources.

L'incident politico-protocolaire qui a eu lieu le samedi 03 décembre lors de l'ouverture du Forum africain de l’investissement et des affaires est devenue l'évènement impromptu qui pèse sur cette réunion prévue de longue date.

Pour rappel, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, suivi par les ministres, avait ostensiblement quitté la salle outré de voir le président du FCE, Ali Haddad, prendre la parole avant le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, comme il cela était prévu dans le protocole.

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Ali Haddad qui a présenté ses excuses avait imputé le cafouillage à une erreur de l'animatrice désignée par les affaires étrangères a été vivement critiqué, une fois n'est pas coutume, dans les médias proches du pouvoir.

La décision de Abdelmalek Sellal de se retirer de la rencontre - certains l'ont imputée à un ordre venu de "plus haut" - a très fortement marqué au plan médiatique ce forum africain de l'investissement et des affaires dans lequel la diplomatie algérienne avait investi beaucoup d'énergie.

Certains médias qui ont conclu à une "disgrâce" d’Ali Haddad, qui est proche du cercle présidentielle et notamment de Said Bouteflika, ont laissé entendre que le patron du FCE pourrait être "dégagé" à l'occasion de cette réunion du Conseil exécutif.

"Une telle éventualité est très basse" estime une source bien informée, qui note qu'aucune décision ne sera prise à chaud et qu'on "laissera filer avant de décider".

En clair, il y a eu déjà suffisamment de vagues avec le cafouillage protocolaire - sans compter la dramatique affaire Tamalt et la grotesque histoire du RHB - pour ne pas braquer l'intérêt des médias et des réseaux sociaux sur "l'affaire Haddad".

En théorie, la colère du président de la République et encore moins celle du Premier ministre n'implique en rien que le FCE se "débarrasse" de Ali Haddad qui, rappelons-le, est arrivé à la tête de l'organisation le 27 novembre 2014 en remplacement de Réda Hamiani, poussé à la sortie par ses pairs.

Réda Hamiani, pour des raisons politiques, avait été "puni" en 2009 pour avoir critiqué la politique économique du gouvernement notamment la mise en place du recours obligatoire au CREDOC et la règle 51/49%.

La "punition" s’est traduit par un ordre du gouvernement aux patrons du secteur public de quitter le FCE annoncée par Wahid Bouabdallah alors PDG d'Air Algérie sous le prétexte que l'organisation faisait de la politique.

Reda Hamiani finira par battre sa coulpe en assurant le gouvernement qu'il n'est pas dans "l'opposition". Il restera encore à la tête du FCE jusqu'en 2014 après être entré dans "le rang".

Le "courroux" du pouvoir à l'égard d'Ali Haddad pourrait, lui aussi, ne pas avoir nécessairement un départ immédiat de ce dernier dont l'arrivée en 2014, dans la foulée du 4ème mandat, avait eu un soutien large au sein des patrons. Beaucoup ont vu dans sa proximité avec Said Bouteflika un atout majeur pour l'organisation.

Le patron de l'ETRHB qui est devenu très présent dans la vie publique, au point de susciter de vives dénonciations d'une prise de pouvoir cachée des "oligarques", pourrait rester à la tête de l'organisation en faisant profil bas. Reste à savoir s'il s'agit d'un simple sursis ou d'une prise de recul pour laisser passer la bourrasque

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