TUNISIE
14/12/2016 12h:08 CET

Des dizaines de Tunisiens demandent à l'Assemblée d'abroger l'article 227 bis du code pénal lors d'une manifestation

Tunisian women hold placards during a demonstration against the article 227 bis of the penal code on December 14, 2016, outside the Assembly of the Representatives of the People in Tunis, after a Tunisian court has approved the marriage of a 13-year-old girl to a relative who made her pregnant.
Under Tunisian law, sex with a girl under 15 without the use of force is punishable by six years in prison, but the culprit can halt proceedings by marrying the victim.



 / AFP / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
Tunisian women hold placards during a demonstration against the article 227 bis of the penal code on December 14, 2016, outside the Assembly of the Representatives of the People in Tunis, after a Tunisian court has approved the marriage of a 13-year-old girl to a relative who made her pregnant. Under Tunisian law, sex with a girl under 15 without the use of force is punishable by six years in prison, but the culprit can halt proceedings by marrying the victim. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Des dizaines de personnes se sont rassemblées mercredi devant le Parlement tunisien pour réclamer la révision d'une loi qui permet à un homme d'échapper à des poursuites pour des relations sexuelles avec une mineure en épousant sa victime.

"A bas l'article 227 bis", "Loi rétrograde", "Révisez l'article de la honte", ont scandé les protestataires, pour la plupart des femmes, devant l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), a constaté une journaliste de l'AFP.

tunisia demonstration

Un appel à manifester avait été lancé la veille en réaction à la décision du tribunal de première instance du Kef (nord-ouest) d'autoriser le mariage d'une fille de 13 ans avec un proche de 20 ans l'ayant mise enceinte.

Cette affaire a suscité de vives critiques sur les médias, les réseaux sociaux et provoqué l'indignation d'organisations qui jugent que la fille a été violée et que son "agresseur" a pu échapper à des poursuites du fait de cette loi.

tunisia demonstration

L'article 227 bis du Code pénal tunisien punit de six ans de prison toute personne ayant "fait subir sans violence l'acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis", mais précise que "le mariage du coupable avec la victime (...) arrête les poursuites".

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"Cette loi doit être révisée! C'est honteux pour la Tunisie de laisser un article aussi rétrograde et injuste qui permet le viol des enfants --et je dis bien 'viol' parce que il ne faut pas parler de consentement quant il s'agit des enfants--", a déclaré à l'AFP Aïda, 52 ans.

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D'autres manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Il l'a violée une fois, la loi lui a permis de la violer chaque nuit", ou encore "La perpétuité pour le viol d'une mineure et pas le mariage".

Mercredi, le porte-parole du parquet de Kef a précisé à l'AFP que le procureur général du tribunal s'était constitué partie civile et réclamait l'annulation de la décision judiciaire ayant autorisé ce mariage.

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"On attend la décision du président du tribunal pour que la partie civile puisse réclamer un procès", dans le cas notamment où la famille de la jeune fille continuerait de soutenir un tel mariage, a-t-il ajouté.

Si la Tunisie est considérée comme pionnière des droits des femmes dans le monde arabe, ces dernières restent discriminées dans plusieurs cas.

Un projet de loi contre les violences faites aux femmes, élaboré en 2014, attend toujours d'être examiné au Parlement.

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