MAROC
03/12/2016 09h:45 CET | Actualisé 03/12/2016 18h:41 CET

Le jury du FIFM "regarde encore les films avec des yeux d'enfants"

Le jury du FIFM "regarde encore les films avec des yeux d'enfants"
FIFM
Le jury du FIFM "regarde encore les films avec des yeux d'enfants"

FIFM - Passage obligé pour les membres du jury de cette 16e édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM), la conférence de presse.

Un jury international présidé par le réalisateur hongrois Béla Tarr et composé de la Canadienne Suzanne Clément, une habituée des films de Xavier Dolan, l'actrice italienne Jasmina Trinca, la star bollywoodienne Kalki Koechlin, la Marocaine Fatima Harrandi, dite Raouia, grande dame du cinéma national, l'acteur australien Jason Clarke, le réalisateur danois Bille August, deux fois Palme d’or, l'Argentin Lisandro Alonso et le réalisateur français Bruno Dumont.

"Un film n'est rien d'autre que la mise à nu d'un artiste"

Président du jury cette année, le Hongrois Béla Tarr n'a dit que quelques mots au cours de cette conférence. Concernant des circonstances qui l'ont amené à accepter la charge de président du jury, il déclare avec une pointe d'amusement: "On m'a demandé plusieurs fois et j'ai finalement dit oui. Je voulais juste voir quelques films".

Il considère cependant que sa tâche sera difficile: "chaque film, chaque réalisateur a une expérience complètement différente, le public doit ressentir un empathie envers ce réalisateur. Un film n'est rien d'autre que la mise à nu d'un artiste".

Une conférence de presse de seulement une trentaine de minutes mais au cours de laquelle les acteurs et réalisateurs ont parlé de leur rapport au cinéma, en tant que professionnels du milieu. Pour le réalisateur argentin Lisandro Alonso, faire du cinéma est "un prétexte pour découvrir des lieux nouveaux, des personnes nouvelles et d'autres vies". Pour le réalisateur danois Bille August, "les politiciens peuvent nous parler de faits et statistiques mais le cinéma nous parle de l'âme".

"On a à nouveau dix ans devant un film"

Un jury qui n'a pas manqué de complimenter le travail de la traductrice présente sur place: "je peux répondre en hindi?" a d'ailleurs plaisanté Kalki Koechlin.

"Quand je regarde un film je suis comme une enfant de dix ans. Ce n'est qu'après avoir vu un film plusieurs fois que je détecte les nuances mais la première fois c'est la même expérience que lorsque l'on a dix et qu'on regarde un film", a-t-elle dit.

Raouia, seule Marocaine du jury, a souligné, avec une pointe de timidité: "Je suis toujours l'enfant qui a cinq ou six ans devant un film. Quand je vois quelqu'un souffrir à l'écran, j'oublie que je suis actrice et que je sais qu'il ne souffre pas vraiment, mais je ressens sa douleur. Pour moi tourner un film c'est comme un voyage, je vais vers ce que j'aime, parce que dans la vraie vie je ne m'aime jamais". Une réponse qui a suscité les applaudissements d'une partie de l'assemblée. Cette dernière a également fait part de "sa fierté" du cinéma marocain.

Le jury s'est ensuite dirigé dans une autre salle du palais des congrès pour assister à la projection du premier film en compétition "The road to Mandalay".

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