MAROC
09/09/2016 08h:22 CET | Actualisé 09/09/2016 08h:27 CET

Ces photos racontent sans détour l'intimité des personnes handicapées en France

Catherine et François. Ce dernier est décédé des suites de l'évolution de sa myopathie. "Nos relations intimes étaient infiniment tendres et douces car ses difficultés de mouvement nous avaient obligés à inventer notre sexualité."
JEROME DEYA
Catherine et François. Ce dernier est décédé des suites de l'évolution de sa myopathie. "Nos relations intimes étaient infiniment tendres et douces car ses difficultés de mouvement nous avaient obligés à inventer notre sexualité."

CULTURE - Le sexe, la sensualité, la suavité appartiennent à tout le monde. C'est ce qu'a voulu montrer le photographe Jérôme Deya qui expose ses photos de "corps dérangeants" à Villeneuve d'Ascq (Hauts-de-France) à partir de ce vendredi 9 septembre jusqu'au 14 septembre.

Plusieurs couples dont l'un des deux membres au moins souffre d'un handicap physique ont accepté de poser ensemble dans un moment très intime. Pour Jérôme Deya, le photographe, ce sont les valides qui imposent des limites aux handicapés, sans avoir conscience du peu de liberté dont ils disposent.

"Ce travail se veut un hymne au corps que l’on évite ou que l’on cache. Ce corps tordu qui – comme tout autre – exprime sa sensualité, ses émotions, pour une ode à l’amour, réalité partagée par tous, quels que soient son apparence, son héritage, son handicap.

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La situation des personnes handicapées n’est-elle que le reflet de la perception qu’un peuple a de ses semblables "différents"?

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Sous prétexte de corps 'abîmés', les personnes handicapées auraient-elles moins de droits que les autres? Leur accès à la sexualité serait-il secondaire? Aurions-nous tendance à oublier qu'il y a une personne derrière un handicap? La véritable barrière entre personnes valides et handicapées est la plupart du temps dressée par les valides. Elle n’est en général justifiée que par des préjugés. Et lorsqu'ils s'effondrent, il ne reste que deux êtres face à face qui se découvrent… si semblables."

Avec la bénédiction de la ville

Cette exposition se tient dans des locaux municipaux. "La ville de Villeneuve d'Ascq est très ouverte à l'insertion des publics fragilisés", soutient Philippe Durietz, le directeur de l’Institut d’éducation motrice APF Christian Dabaddie, co-organisateur de l'expo. Selon lui, "ces photos devaient sortir des murs où les personnes souffrant de handicap sont cantonnées. Elles sonnent également le début d'une résidence-mission d'appui artistique. La comédienne Chloé Simmonot vient travailler avec nous pendant 6 mois sur la thématique des émois amoureux et le respect du corps."

L'exposition tourne depuis un petit moment en France. Elle a obtenu en 2015 le prix "innovation" du "Mois Extra Ordinaire" du handicap de la Ville de Paris. Et en 2014, Jérôme Deya était le lauréat du concours Sophot.com de la photographie humaniste et sociale.

Les textes accompagnant ces photos ont été écrits par Jérôme Deya.

Galerie photo "A nos corps dérangeants", l'expo photo à voir Voyez les images

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