TUNISIE
21/04/2016 13h:52 CET | Actualisé 24/04/2016 11h:47 CET

Tunisie: Après le fonds contre le terrorisme, l'Etat envisage de se financer par la zakat

Mohamed Khalil, ministre des Affaires religieuses.
Mosaïque FM
Mohamed Khalil, ministre des Affaires religieuses.

ZAKAT - Résorber le déficit public en permettant les dons privés à l'État: c'est l'une des pistes envisagées mercredi 20 avril par Mohamed Khalil, ministre des Affaires religieuses, à l'occasion de la 3e conférence internationale sur la zakat, indique l'agence TAP.

Reprenant une idée défendue de longue date dans des cercles islamistes militant pour la finance islamique notamment, comme l'association tunisienne de la finance islamique (ATFI), le ministre a "appelé à la création de trois fonds pour la zakat", rapporte la TAP. L'un recevrait les dons pour les personnes démunies, le deuxième recevrait des "contributions" et le troisième aurait pour objet de récolter les dons pour les personnes endettées. Cette dernière catégorie permet de s'appliquer aux familles endettées, mais également aux entreprises publiques et à l'Etat lui-même, selon le ministre.

Appel à la solidarité nationale

Cette déclaration ministérielle fait suite aux propos tenus six jours plus tôt par le président de l'association tunisienne de la zakat, Mohamed Megdiche, qui estimait qu'un fonds national de la zakat "pourrait récolter plus de 3,5 milliards de dinars par an", rapporte la TAP. Il a également déclaré que cet argent pourrait soutenir les efforts de l'État dans la lutte contre le chômage, le terrorisme, ainsi que l'amélioration de l'attractivité aux investissements étrangers.

Le mois dernier, à la suite de l'attaque de l'Etat islamique sur la ville de Ben Guerdane, le ministre des Finances Slim Chaker avait médiatisé le projet de Fonds national de lutte contre le terrorisme, collectant plus d'un million de dinars en quelques jours au nom de la lutte antiterroriste. Ces dons ont été récolté notamment après que le chef de l'État Béji Caïd Essebsi avait montré l'exemple en s'affichant dans un bureau de poste pour faire don d'un mois de salaire.

L'argent collecté toutefois sur le compte postal correspondant peut être utilisé à toute autre fin, dans l'attente du décret portant création du Fonds en question.

Financements extérieurs

Confronté à une progression du déficit public, l'État tunisien cherche à multiplier ses sources de financement. Le 15 avril, il a obtenu un accord de principe de la part du FMI pour un prêt de 2,8 milliards de dollars (5,7 millions de dinars) et a annoncé une dizaine de jours plus tôt avoir conclu un accord de financement de 56 millions de dinars avec le Groupe de la banque islamique de développement.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.